La Thaïlande a déployé des plans d’urgence dans sept provinces à la frontière face à la perspective d’un conflit armé. Cette décision fait suite à une escalade des tensions persistantes depuis plusieurs mois entre la Thaïlande et le Cambodge, alimentée par des affrontements militaires sporadiques débutés dès février 2025. Ces provinces, de Sa Kaeo à Ubon Ratchathani, sont en état d’alerte. Des unités de défense territoriale sont mobilisées, impliquant les populations locales dans la préparation à d’éventuels déplacements civils.
Par ailleurs, la Thaïlande a suspendu toutes ses déclarations publiques au sujet de la situation, notamment en annulant les évènements touristiques et en fermant certains postes-frontières, notamment dans les provinces sous loi martiale. Cette mesure traduit une volonté de limiter la panique et les débordements dans une zone déjà marquée par des affrontements meurtriers entre forces thaïlandaises et cambodgiennes, qui ont causé plusieurs dizaines de morts et des milliers d’évacuations civiles. Le gouvernement thaïlandais évoque le risque d’une escalade grave, soulignant que ni Bangkok ni Phnom Penh ne souhaitent l’aggravation du conflit, malgré des actes militaires récents qui ont conduit à la suspension d’accords de cessez-le-feu.
L’armée thaïlandaise a suspendu tous ses accords de défense avec le Cambodge, suite à l’explosion d’une mine terrestre qui a blessé plusieurs soldats thaïlandais le 10 novembre 2025, près de la frontière dans la province de Sisaket. L’un des soldats a perdu son pied droit, tandis qu’un autre souffre d’une blessure thoracique. L’incident a été suivi par la découverte de mines récentes, dont des modèles russes PMN-2, sur le territoire thaïlandais, ce qui a conduit Bangkok à accuser Phnom Penh d’avoir posé clandestinement de nouveaux engins explosifs.
Ces tensions sont enracinées dans un différend territorial ancien, autour notamment du temple contesté de Prasat Ta Muen Thom, où des incidents perdurent. Les récents combats ont vu un usage d’artillerie lourde et de roquettes, avec des accusations croisées et un impact humanitaire sévère. La situation demeure très volatile et sous haute surveillance des autorités thaïlandaises, qui affinent leurs plans d’urgence et veillent à la sécurité des populations à risque.
