Billy Nomates, la voix libre qui bouscule la scène anglaise

Hier soir, je reçois un message de Cédric 83. Je vous le livre tel quel :


« Salut Bill, dans tes chroniques, que je m’empresse de lire à chaque sortie, tu n’abordes jamais les
meufs dans la musique. Serais-tu misogyne ? Bien à toi, Cédric. »


Et là, je reste comme un reste de flan au fond d’un frigo. Je lis le message et… BAM : des
hématomes de honte me poussent sur tout le visage.
Parce qu’en vrai, quand on y pense (ou plutôt quand on écoute), des chanteuses et musiciennes
fantastiques, il y en a plein. Et c’est vrai que jusqu’ici, je n’en ai pas assez parlé.
Alors, on va corriger ça tout de suite.


Plus jeune (beaucoup plus jeune), alors que mes copains d’école primaire craquaient pour
l’institutrice, moi, c’était déjà une chanteuse. Stevie Nicks, voix magique de Fleetwood Mac. Et
plus particulièrement sur l’album Rumours (1977) – le plus connu, et à juste titre. Si vous ne
connaissez pas, foncez : album magnifique, morceaux parfaits, et la voix de Mme Nicks m’a
complètement ensorcelé. Pour moi, c’était l’image sonore d’un ange.
Des années plus tard (ok, beaucoup plus tard), j’écoute un disque des Sleaford Mods – je vous
parlerai de ces lascars une autre fois. Sur un morceau, il y a une invitée qui pose des chœurs. Et là…
je retrouve ce petit frisson que j’avais eu avec Stevie Nicks. C’est différent, mais waouuu, je repars
chez les anges. Une voix comme j’aime, sur une musique vraiment particulière. Cette voix, c’est
Billy Nomates.


Billy Nomates, de son vrai nom Tor Maries, est une chanteuse et compositrice anglaise née en 1990
à Leicester. Le surnom “Billy Nomates” vient d’une expression britannique un peu moqueuse, qui
veut dire “Billy sans amis” – et elle l’a choisi en clin d’œil à son côté solitaire et franc-tireur.
Avant de se lancer en solo, elle a galéré dans différents petits groupes, bossé dans des boulots
alimentaires, et failli arrêter la musique complètement. C’est en allant voir un concert de Sleaford
Mods qu’elle prend une claque : elle se dit « Pourquoi pas moi ? ».
Elle compose alors seule dans sa chambre, avec une basse, une guitare et un ordi, et envoie ses
morceaux… qui finissent par atterrir dans les oreilles de Geoff Barrow (Portishead). Coup de cœur
direct : il la signe sur son label Invada Records.
Ses disques (vite fait) :

  • Billy Nomates (2020) – un premier album sec, minimaliste, entre post-punk et spoken word.
    Des textes directs, parfois drôles, parfois tristes, toujours authentiques.
  • Emergency Telephone (EP, 2021) – plus lumineux, mais toujours avec cette tension.
  • CACTI (2023) – plus produit, mais toujours percutant, mélange de punk, de pop sombre et
    de rythmes électroniques.
  • Metalhorse (2025) le dernier en date.
    Et puis, bien sûr, sa collaboration avec Sleaford Mods sur Mork n Mindy (2020) – une pépite.

Billy Nomates, c’est un mélange étrange :
– L’énergie brute du punk,
– Des paroles tranchantes sur la solitude, la société, l’ennui,
– Une voix qui peut être douce, parlée ou presque criée,
– Une présence scénique à mi-chemin entre l’ado rebelle et la prophétesse désabusée.
En live, c’est minimal : souvent seule avec ses machines. Mais elle occupe la scène comme si elle
avait un groupe derrière elle.


Voilà, mon cher Cédric 83 : non, je ne suis pas misogyne. La preuve, je peux même tomber
amoureux d’une voix comme celle de Billy Nomates en quelques secondes.


Alors je vous le dis, les amis : mettez un album de Billy Nomates (CACTI ou le premier, le dernier,
peu importe), laissez vos oreilles travailler et vos émotions faire le reste. Vous m’en direz des
nouvelles.


Et toi, Cédric 83, promis, je n’oublierai plus les musiciennes dans mes chroniques. Maintenant, va
écouter Billy Nomates et reviens me voir (Humour).
À plus dans le bus, bande de nazes.

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