Alors que l’Irlande s’apprête à marquer le centenaire de la Commission des frontières de 1925, les cicatrices de cette tentative avortée de redécoupage refont surface. Dans l’ombre du traité anglo-irlandais de 1921, signé après la guerre d’indépendance, six comtés du nord-est furent maintenus sous souveraineté britannique. L’Article 12 prévoyait pourtant un mécanisme de révision de cette frontière.
C’est ainsi qu’en 1924, une Commission tripartite fut mise sur pied. Elle comptait un représentant britannique, un délégué de l’État libre d’Irlande et un président présenté comme neutre, mais choisi par Londres. Son objectif : ajuster la frontière en tenant compte des réalités locales, des aspirations populaires et des contraintes géographiques et économiques.
Durant l’été 1925, la Commission entame une série d’auditions publiques dans les six comtés nord-irlandais. Habitants, commerçants, agriculteurs témoignent. L’idée d’un rattachement de certaines zones à l’État libre circule, mais inquiète. La communauté unioniste y voit une menace, tandis que les nationalistes espèrent un redécoupage favorable.
Mais les conclusions restent enfermées dans un rapport confidentiel. Selon des fuites relayées dans la presse à l’époque, les changements proposés étaient marginaux, jugés inacceptables par tous les camps. L’accord tripartite de décembre 1925 scelle l’immobilisme. La frontière reste inchangée, et la Commission est dissoute sans gloire.
Aujourd’hui encore, cette ligne invisible marque une fracture. Cent ans après, elle continue de peser sur les équilibres politiques et identitaires de l’île. L’histoire non écrite de cette Commission intrigue, questionne, dérange. Source
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