La fin d’un nom légendaire .
Le journal russe indépendant Novaya Gazeta , menacé et privé de ses ressources par le régime de Vladimir Poutine, doit cesser ses activités le 9 novembre. L’information a été annoncée le vendredi 30 octobre dans une lettre intitulée : « Ils nous ont tués » .
Depuis 33 ans, ce journal couvre les crimes de pouvoir, les violations des droits de l’homme et les atteintes à l’environnement . Initialement soutenu par Mikhaïl Gorbatchev, il est devenu le dernier bastion de la liberté de la presse en Russie.
Un plan bien planifié
Le coup n’a pas été porté immédiatement à la Novaya Gazeta . Le rédacteur en chef, Sergueï Sokolov, explique qu’il s’agissait d’ un plan bien ficelé .
Début septembre, on nous a d’abord traités d’agents étrangers, ce qui nous a confrontés à d’importants obstacles bureaucratiques . Ensuite, nous avons perdu notre système de dons de lecteurs , pourtant essentiel à notre publication. Enfin, nous avons reçu un avis d’expulsion de notre bâtiment historique de la rue Potapovski à Moscou , où la rédaction était installée depuis 1993.
C’est le FSB qui cible notre rédaction . Pas les propriétaires , mais le FSB. Et aujourd’hui, le FSB contrôle le pays, a déclaré Dmitri Muratov, cofondateur et lauréat du prix Nobel de la paix 2021.
Le 9 novembre, nous éteindrons les lumières de ce bâtiment qui nous abrite depuis 30 ans . Nous mettrons nos serveurs hors service et partirons. Nous ne sommes plus un journal . Nous avons été contraints de cesser nos activités par les autorités et les services de sécurité russes.
