On les appelait xochiyaoyotl, les guerres des fleurs. Un nom plutôt innocent pour des affrontements violents . Elles opposaient les Aztèques aux cités voisines , comme Tlaxcala, et leur objectif reste surprenant .
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer à l’idée de guerre, il ne s’agit ni du nombre de victimes, ni de conquête, car rien ne change aux frontières.
Capture pour le plaisir des dieux
Le but, c’est le prisonnier , pas le mort.
Pour les Aztèques, le soleil ne peut se lever sans sang humain. La chalchiuhtlic ( eau précieuse ) cesse de couler si elle n’a pas sa proie . Les guerres florales servaient à capturer des personnes destinées aux sacrifices humains à Huitzilopochtli.
Il semble que cette pratique se soit intensifiée vers 1450 sous le règne de Moctezuma Ier , à la suite d’une grande famine : les prêtres l’auraient interprétée comme la colère des dieux, exigeant davantage de victimes .
D’après nos informations, la Triple Alliance de Tenochtitlan organisa ces batailles contre des cités fortifiées , mais non encore conquises, telles que Tlaxcala, Huejotzingo et Cholula. C’était aussi l’occasion de former de jeunes nobles. Les autorités sont présentes, les services sont organisés, les habitants l’attendent . Pour que ce rite soit renouvelé, il faut un ennemi à portée de main .
Attraper par les cheveux
Les affrontements sont codifiés , même s’ils sont violents . Il existe même des duels .
Deux guerriers se font face , armés du macuahuitl ( la massue à bord d’obsidienne ) . L’ objectif n’est pas de trancher , mais de désarmer et de jeter l’ adversaire à terre . Et :
Les combattants doivent saisir leur adversaire par les cheveux, ce qui est considéré comme une victoire. Une fois l’ adversaire immobilisé par les cheveux, il est transporté au camp du vainqueur , où il sera sacrifié .
Mais c’est un pari risqué , car l’Aztèque se retrouve à quelques centimètres seulement de son adversaire , et ce dernier peut aussi le saisir par les cheveux. Le vainqueur rentrera chez lui couvert de trophées et auréolé d’ un prestige nouveau, tandis que le vaincu mourra .
Les Espagnols sont stupéfaits, à leur arrivée en 1519, de constater que ces guerriers préfèrent capturer plutôt que tuer.
Tandis que la conquête progresse , les Tlaxcaltèques, ennemis traditionnels des Aztèques, s’allient aux Espagnols, au grand dam de la noblesse aztèque . Les guerres des fleurs prennent fin , les dossiers sont clos .
