Tara Heuzé-Sarmini, entrepreneuse militante des égalités , condamnée après avoir relayé une insulte sur LinkedIn

Tara Heuzé-Sarmini, entrepreneuse engagée pour l’égalité femmes-hommes, a été condamnée par le tribunal de Lille après avoir partagé sur LinkedIn un échange dans lequel elle dénonçait une insulte à caractère sexuel. La décision de justice a été rendue le 4 septembre, soit seulement huit jours après la publication du message sur le réseau professionnel, selon la Fondation des femmes.

Un échange publié pour dénoncer un propos sexiste

Fin août, Tara Heuzé-Sarmini reçoit une invitation à intégrer un réseau d’entrepreneurs. Elle refuse, jugeant le nom de l’association peu inclusif.

Quelques minutes plus tard, la fondatrice du groupe lui propose de rejoindre un « club de filles » en cours de création, évoquant une possible fonction d’ambassadrice. Tara Heuzé-Sarmini décide alors de rendre public cet échange sur LinkedIn, afin d’alerter son réseau sur la nature du propos.

Le post devient rapidement viral. Il déclenche d’abord un avertissement officiel, puis une procédure judiciaire.

Une condamnation rapide et une astreinte quotidienne

Le tribunal de Lille a ordonné le retrait du message, rapporte 20 Minutes. Tara Heuzé-Sarmini est condamnée à verser 1 500 euros de frais de justice. Une astreinte de 150 euros par jour est également prononcée tant que le contenu reste en ligne.

L’audience s’est tenue dans le cadre d’une procédure « d’heure à heure », un dispositif accéléré permettant une audience sous 48 heures en cas d’urgence avérée.

Selon l’intéressée, elle n’a pas pu se défendre correctement lors de l’audience, qui s’est déroulée à plus de 200 km de son domicile. La date d’un éventuel appel n’est, pour l’heure, pas connue.

Une affaire qui interroge au-delà de LinkedIn

Pour la Fondation des femmes et plusieurs associations, cette affaire s’apparente à une « tentative de dissuasion de la participation publique » (SLAPP). Elles craignent qu’une telle procédure n’ait un effet dissuasif sur les femmes qui souhaitent dénoncer publiquement des comportements sexistes.

Dans son rapport 2026, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes rappelle que le cybersexisme constitue la forme majoritaire de discours de haine en ligne, 84% des victimes étant des femmes.

Les conseils pratiques sont clairs : conserver les preuves, consulter un avocat et, lorsqu’on publie un échange, anonymiser autant que possible l’identité de la personne mise en cause.

Le cas de Tara Heuzé-Sarmini pose une question concrète : comment permettre aux femmes de signaler des insultes à caractère sexuel sans les exposer à des procédures judiciaires ultra-rapides, alors que les victimes de violences bénéficient, elles, de dispositifs de protection renforcés ?

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