Depuis le début de la crise en Iran, l’hypothèse d’un blocage du détroit d’Ormuz préoccupe les grandes compagnies pétrolières, les banques et les gouvernements européens comme asiatiques, qui y voient un acte susceptible de déstabiliser l’ensemble du système économique mondial.
Ormuz, veine vitale de l’énergie mondiale
Le détroit d’Ormuz, passage maritime entre l’Iran et Oman, concentre environ 20% du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié (GNL) transitant chaque jour à l’échelle planétaire. En cas de fermeture durable ou de fortes perturbations, les prix du baril et du gaz pourraient flamber, ce qui entraînerait une répercussion directe sur les coûts de transport, de production et de consommation dans la plupart des pays.
Menaces de l’Iran et réactions des géants de l’énergie
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé qu’ils empêcheraient le passage de navires jugés hostiles à Téhéran, tandis que plusieurs compagnies maritimes ont déjà suspendu leurs traversées pour éviter les risques de mines et d’attaques. À ce stade, les assurances et la sécurisation des cargaisons coûtent beaucoup plus cher, ce qui renchérit encore le prix final de l’énergie et fragilise les économies fortement dépendantes du Golfe.
Pourquoi parler de « terrorisme économique » ?
Des responsables des Émirats arabes unis et du Canada ont qualifié l’usage du détroit comme « arme » par l’Iran d’acte de « terrorisme économique », car il vise à frapper en premier lieu les chaînes logistiques et les marchés financiers plutôt que des infrastructures précises. Cette stratégie, même partielle, suffit à alimenter la spéculation, à creuser les déficits des pays importateurs et à accroître la volatilité des taux et des monnaies.
Conséquences pour l’Europe et le Var
En Europe, la hausse des prix du gaz et des produits pétroliers pèse sur les industries énergivores et sur les ménages, même si les stocks stratégiques et les diversifications d’approvisionnement permettent de limiter le risque de rupture brutale. Dans le Var, déjà confronté à la hausse du coût du transport et de l’énergie, tout prolongement de la crise autour d’Ormuz pourrait accentuer la pression sur les budgets locaux et les petites entreprises.
Si le blocage du détroit d’Ormuz se prolonge, les pays du monde entier, y compris la France, subiront des hausses de prix et des tensions sur leurs approvisionnements énergétiques.
