Cuba ouvre l’investissement à sa diaspora pour tenter de relancer son économie

Le gouvernement cubain annonce que les Cubains résidant à l’étranger, y compris aux États-Unis, pourront désormais investir sur l’île et détenir leurs propres entreprises, une mesure inédite qui s’inscrit dans un contexte de crise économique et énergétique profonde. Cette ouverture vise à attirer des capitaux dans des secteurs clés comme le tourisme, l’agriculture, l’extraction du nickel et les infrastructures énergétiques.

Un pivot économique sous pression américaine

Depuis le renforcement de l’embargo et du blocus énergétique imposé par Washington, Cuba peine à approvisionner ses centrales électriques et ses industries, ce qui alimente pannes d’électricité récurrentes et pénuries de carburant. Alors que l’île subit une nouvelle coupure générale lundi, les autorités considèrent les investissements étrangers et de la diaspora comme indispensables pour relancer l’activité et remettre en route le réseau électrique vieillissant.

Ce que permet concrètement la nouvelle mesure

Le ministre cubain du Commerce extérieur et de l’investissement, Oscar Pérez‑Oliva Fraga, indique que les Cubains résidant à l’étranger et leurs descendants pourront détenir des entreprises et réaliser des investissements, y compris lourds, dans des secteurs jusque‑là réservés à l’État ou aux co‑entreprises étrangères. Cette disposition va au‑delà des petites structures commerciales et s’étend à des projets dans les infrastructures, les mines et les services, ce qui marque une rupture avec plus de six décennies de modèle fortement planifié.

Réactions mitigées de la diaspora et enjeux politiques

À Miami, principal pôle de la diaspora cubaine, beaucoup doutent que les ressortissants investissent dans un pays toujours dirigé par un régime autoritaire, à moins d’un changement politique et de garanties juridiques solides. Certains observateurs estiment que cette annonce vise surtout à préparer un cadre de négociations avec les États‑Unis sur les investissements américains avant même d’attirer massivement les capitaux de l’émigration.

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