Lors du huitième de finale de la Coupe du monde de football 1990, l’Argentine bat le Brésil 1‑0 à Turin, un résultat alors analysé comme une victoire tactique, mais entouré d’une polémique qui rebondit quinze ans plus tard sur la place publique. À la mi‑temps, un membre du staff argentin aurait proposé une bouteille d’eau à des joueurs brésiliens, dont le milieu de terrain Branco, qui aurait ensuite éprouvé vertiges et troubles de la concentration en seconde période.
Les accusations de dopage au somnifère
Selon le récit de Branco relayé dans la presse italienne puis internationale, l’eau aurait eu un goût bizarre, à tel point qu’il aurait eu des hallucinations et beaucoup de mal à jouer normalement après en avoir bu. Plusieurs témoignages laissent entendre que la bouteille visait les joueurs brésiliens, la version la plus radicale évoquant l’idée que les Argentins espéraient que Branco la passerait à ses coéquipiers, afin de les désorienter collectivement.
Les aveux implicites de Bilardo et de Maradona
Quinze ans après le match, en 2004‑2005, Diego Maradona laisse filtrer dans une émission télévisée qu’un somnifère aurait bien été mis dans une bouteille destinée aux Brésiliens, sans donner de preuve mais en alimentant la rumeur. De son côté, Carlos Bilardo, sélectionneur argentin en 1990, répond dans le magazine Veintitres par une formule ambiguë, « Je ne sais pas, je ne sais pas. Je ne dis pas que cela ne s’est pas passé », ce que la fédération brésilienne interprète comme une semi‑reconnaissance de tentative de dopage.
Les conséquences entre les deux fédérations
Cette réouverture de l’affaire provoque une brouille diplomatique entre la Confédération brésilienne de football (CBF) et l’Association du football argentin (AFA), chacune accusant l’autre de porter atteinte à l’intégrité du sport. Si aucune sanction officielle n’est prononcée rétroactivement, l’épisode reste attaché au match Brésil–Argentine de 1990 comme un des plus troubles de la rivalité entre les deux géants sud‑américains.
