Engadine (Suisse): une artiste escroque un cheikh bahreïni ?

Une artiste originaire de l’Engadine utilise la carte de crédit d’un membre de la famille royale du Bahreïn, qu’elle rencontre lors d’un séjour dans la région, et dépense ainsi plus de 700’000 francs suisses entre 2018 et 2020. Alors que le noble lui confie le numéro pour des réservations professionnelles, elle effectue environ 1’600 transactions personnelles, incluant meubles, vêtements et voyages, puisque leur relation mêle amitié et affaires tarifées à 20’000 euros la demi-journée. Bien que le cheikh réagisse parfois positivement à des prélèvements, les tribunaux rejettent ses justifications, car elle avait déjà été condamnée pour fraudes similaires .

Contexte de la rencontre

Les deux individus se croisent initialement au Forum économique mondial de 2016, événement où des personnalités affluent à Davos, bien que l’artiste précise une rencontre en Engadine, région prisée des riches touristes. Parce que le Bahreïnien apprécie ses services de conservatrice et de commissaire d’exposition, qui consistent à organiser hôtels à Saint-Moritz, vols vers Abou Dabi ou repas gastronomiques, il lui transmet les données de sa carte de crédit afin qu’elle gère ses déplacements. Lorsque les dépenses dérapent vers des achats privés, elle argue d’une amitié « difficilement délimitable » doublée d’un salaire attendu, mais n’ayant pas reçu les fonds promis, elle puise directement dans le crédit du noble.

Détails de l’escroquerie

L’artiste multiplie les opérations frauduleuses du 22 mars 2018 au 25 août 2020, période durant laquelle elle accumule des factures pour boissons alcoolisées, abonnements et luxes personnels, totalisant plus de 700’000 francs alors que le préjudice minimal retenu s’élève à 325’000 francs . Lorsque le membre royal dépose plainte pénale, elle avoue les faits, mais invoque un consentement implicite puisque le Bahreïnien approuve un prélèvement via un emoji cœur, ce que les juges écartent car elle rembourse partiellement, prouvant l’absence de carte blanche. Bien qu’elle ait déjà subi des condamnations pour délits comparables, la Poste suisse lui commande récemment un timbre sur Giacometti, ignorant son casier, tandis que le Tribunal fédéral la sanctionne en janvier 2026 à deux ans de prison, dont un ferme, plus une interdiction de territoire .

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *