Frappes contre l’Iran : vers une guerre régionale ?
Les États-Unis et Israël ont lancé samedi des frappes massives contre l’Iran, tuant plusieurs hauts responsables et l’ayatollah Ali Khamenei. Dans la foulée, Téhéran a riposté par des missiles visant Israël et des bases américaines du Golfe. Dimanche, Washington a annoncé la mort de trois soldats américains. Dès lors, la région est entrée dans une séquence militaire ouverte.
Pourtant, les tensions s’inscrivaient dans une dynamique plus ancienne. Depuis 2020, après la mort du général Qassem Soleimani, le face-à-face s’intensifiait. Par ailleurs, les négociations sur le nucléaire iranien piétinaient. Les Occidentaux soupçonnaient Téhéran de vouloir accéder à l’arme atomique. De son côté, l’Iran dénonçait des exigences préalables jugées inacceptables.
Cependant, l’objectif réel de l’offensive reste flou. Donald Trump évoque un changement de régime, tandis que Benyamin Nétanyahou assume une logique d’élimination ciblée. Or, un succès tactique ne garantit pas un basculement stratégique. En effet, un pouvoir structuré autour d’une idéologie résiste souvent aux frappes aériennes.
Dans le même temps, l’Iran cherche à élargir le front. Il frappe des infrastructures chez les alliés arabes de Washington afin de créer des divisions. Toutefois, ces États renforcent désormais leur coopération sécuritaire.
Enfin, les marchés pétroliers réagissent vivement. Le Brent a bondi de 13 %, alimenté par les incertitudes autour du détroit d’Ormuz. Ainsi, l’escalade militaire pèse déjà sur l’économie mondiale. Source
Ukraine : nouvelles frappes massives et tensions élargies
Dans la nuit de vendredi à samedi, la Russie a lancé un missile balistique Iskander-M et 105 drones sur l’Ukraine. Selon l’armée de l’air ukrainienne, 96 appareils ont été interceptés ou neutralisés par brouillage. Toutefois, six drones ont atteint leur cible. Les autorités n’ont pas précisé l’ampleur des dégâts ni le sort du missile.
Depuis 2022, Moscou utilisait régulièrement des drones de conception iranienne Shahed pour frapper les infrastructures ukrainiennes. Cette stratégie visait à épuiser les défenses aériennes et à maintenir une pression constante. Kiev dénonçait depuis des mois cette coopération militaire entre la Russie et l’Iran.
Dans ce contexte, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réagi aux frappes américaines et israéliennes contre l’Iran. Il a estimé qu’elles offraient une « chance » au peuple iranien de se libérer d’un régime qu’il qualifie de terroriste. Selon lui, la détermination américaine affaiblit les acteurs impliqués dans la déstabilisation régionale.
Par ailleurs, les tensions diplomatiques persistent en Europe centrale. Le premier ministre slovaque Robert Fico a évoqué des divergences sur la reprise du transit pétrolier via l’oléoduc Droujba. Kiev affirmait que des dommages subsistaient après des frappes russes en janvier. Bratislava et Budapest soutenaient au contraire que les réparations étaient achevées. Source
Pakistan-Talibans : l’Inde en arrière-plan ?
Dans la nuit du 26 au 27 février, Islamabad a bombardé Kaboul et Kandahar. Des missiles ont frappé aussi la province frontalière de Paktia. Quelques heures plus tard, le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a déclaré sur X que la « guerre ouverte » était engagée. Dans la foulée, le Premier ministre a affirmé que les forces armées avaient la capacité de répondre.
Pourtant, cette escalade s’inscrivait dans une tension plus ancienne. Depuis août 2021, l’Afghanistan était repassé sous le contrôle des Talibans, et Islamabad redoutait un regain d’attaques du TTP. Déjà en octobre, des incidents frontaliers éclataient. Cependant, les frappes restaient alors limitées à des cibles précises.
Cette fois, l’éventail des objectifs s’est élargi. En parallèle, Kaboul a évoqué un dialogue possible. Néanmoins, Islamabad accusait régulièrement l’Inde de soutenir indirectement des groupes hostiles. Or New Delhi a toujours rejeté ces accusations.
Depuis plusieurs mois, les contacts diplomatiques entre l’Afghanistan et l’Inde se multipliaient. Ainsi, Islamabad redoutait un encerclement stratégique. Derrière l’affrontement bilatéral, une rivalité régionale persistait donc. Source
Éthiopie-Tigré : vers une nouvelle guerre au nord ?
Des drones ont frappé en janvier des positions tigréennes près de Tselemt. Depuis, les affrontements se sont multipliés et les vols vers le nord ont été suspendus. Addis-Abeba a massé des troupes aux abords du Tigré. Le 17 février, une source sécuritaire affirmait que l’armée encerclait la région. La tension est remontée brutalement, alors que la population redoute une escalade.
Pourtant, la fracture couvait depuis des mois. L’accord de paix signé à Pretoria fin 2022 devait stabiliser la région. Cependant, les forces amharas et érythréennes restaient présentes, malgré leur retrait annoncé. Le Front de libération du peuple du Tigré perdait progressivement son influence politique. Il était marginalisé depuis l’arrivée au pouvoir d’Abiy Ahmed en 2018.
Ainsi, le conflit actuel trouve ses racines dans une rivalité ancienne. Entre 2020 et 2022, la guerre avait fait plus de 600 000 morts selon l’Union africaine. Aujourd’hui, les Forces de défense du Tigré accusent l’Érythrée de soutien tactique. Addis-Abeba, de son côté, exige le retrait immédiat des troupes étrangères.
Toutefois, une guerre de haute intensité semble incertaine. Les forces tigréennes sont affaiblies et peinent à recruter. L’armée fédérale s’est renforcée. Pendant ce temps, 750 000 déplacés survivent dans des conditions précaires selon l’ONU. Infrastructures détruites, inflation et chômage nourrissent l’exode des jeunes. Source
