Le patronat veut rogner de trois mois le chômage après une rupture conventionnelle

Dans le cadre des nouvelles négociations sur l’assurance‑chômage, les organisations patronales misent sur une baisse directe de la durée d’indemnisation pour les salariés ayant connu une rupture conventionnelle. Leur objectif affiché est de faire baisser la facture globale du régime, alors que les ruptures conventionnelles représentent près d’un quart du budget d’indemnisation, soit environ 9,5 milliards d’euros par an.

Pourquoi viser les ruptures conventionnelles

Les employeurs estiment que les ruptures conventionnelles sont de plus en plus utilisées, ce qui augmente le nombre de périodes indemnisées et la pression sur les comptes de l’Unédic. En 2024, environ 515 000 ruptures conventionnelles ont été homologuées, un chiffre qui inquiète autant les entreprises que les ordonnateurs de l’État. Le gouvernement, quant à lui, demande aux partenaires sociaux de dégager au moins 400 millions d’euros d’économies, mais le patronat table sur des mesures plus larges, pouvant viser jusqu’à 1 milliard d’euros.

Une réduction de trois mois en pratique

Les projets d’avenant présentés par le Medef, la CPME et l’U2P prévoient de raccourcir la durée maximale d’indemnisation pour les ruptures conventionnelles. Pour les moins de 55 ans, la durée passerait de 18 à 15 mois, soit une baisse de trois mois, alors que les plus de 55 ans pourraient passer de 27 à environ 20,5 mois, là aussi avec une réduction d’environ trois mois. Cette coupe s’accompagne souvent d’autres mesures, comme un durcissement de la dégressivité des allocations pour les salaires plus élevés.

Les conséquences attendues

Une telle réduction pèserait surtout sur les actifs en situation de transition, qui comptent sur ces mois d’indemnisation pour suivre une formation ou se reconvertir. Les organisations patronales avancent que cela inciterait les anciens salariés à retrouver plus vite un emploi, mais les syndicats redoutent au contraire une baisse de pouvoir d’achat et une pression accrue sur les bas salaires. Dans le Var, cette réforme pourrait modifier la carte des parcours professionnels, notamment dans les secteurs très concernés par les ruptures conventionnelles.

Ce que cela change pour les chômeurs du Var

Si l’accord est ratifié, les salariés du Var ayant signé une rupture conventionnelle se retrouveront avec une marge de temps plus étroite pour se repositionner sur le marché du travail. Toutefois, les droits resteront conditionnés aux mêmes règles de période de référence et de recherche active d’emploi. Les lecteurs de Presse83.fr sont invités à partager leurs expériences ou inquiétudes sur cette évolution de l’assurance‑chômage en commentaire.

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