Niger : vers une guerre des mots avec la France ?
Un haut responsable militaire nigérien a affirmé mercredi 11 février à Niamey que le pays se préparait à la guerre contre la France. La déclaration a été lancée lors d’un meeting public dans un stade de la capitale. Le chef d’état-major particulier du général au pouvoir a évoqué une entrée imminente en conflit. Rapidement, Paris a démenti toute intention d’intervention armée.
Depuis le coup d’État de juillet 2023, les relations se dégradaient pourtant progressivement. Le régime issu du putsch dénonçait régulièrement l’influence française. Il accusait l’ancienne puissance coloniale de peser sur l’économie et la sécurité nationales. Cette rhétorique s’installait alors dans un discours de souveraineté revendiquée.
Cependant, les autorités françaises ont qualifié ces propos de guerre informationnelle. Elles ont rappelé que les forces françaises avaient quitté le territoire fin 2023. Néanmoins, la tension persistait autour de dossiers sensibles, notamment l’uranium. La nationalisation de la Somaïr, filiale du groupe Orano, alimentait déjà un contentieux judiciaire.
En outre, certains experts estiment que cette sortie relève davantage d’une stratégie politique interne. Elle viserait à consolider le pouvoir en mobilisant un sentiment national. Par ailleurs, la militarisation des discours inquiète dans une région sahélienne instable. Source
Inde : vers une nouvelle course régionale à l’armement ?
New Delhi a présenté son budget militaire 2026-2027 et annoncé une hausse marquée des crédits d’armement. Cette décision est intervenue quelques mois après l’opération Sindoor menée en mai 2025. À la suite d’un attentat au Cachemire, l’Inde avait lancé des frappes aériennes contre le Pakistan. Ensuite, un conflit de quatre jours avait opposé les deux puissances nucléaires. Des avions de combat, drones et missiles supersoniques avaient été déployés.
Depuis plusieurs années, le gouvernement indien cherchait à moderniser ses forces armées. Les tensions persistantes avec la Chine et le Pakistan alimentaient déjà cette stratégie. Toutefois, les récents affrontements ont accéléré le calendrier. L’enveloppe consacrée aux achats d’armement a progressé de 18 %, atteignant 23,9 milliards de dollars. Par ailleurs, le budget global de la défense atteint 85 milliards de dollars, soit 2 % du PIB.
Selon des experts militaires, l’opération Sindoor a révélé des lacunes capacitaires. L’armée avait besoin d’avions supplémentaires, de systèmes de surveillance et de ravitaillement. En outre, les autorités visent des radars avancés, des drones armés et des systèmes de défense antiaérienne. Ainsi, New Delhi cherche à renforcer sa posture régionale. Source
Darfour : 6 000 morts en trois jours, que s’est-il passé ?
Les combats ont éclaté le 26 octobre à El-Fasher, au Darfour-Nord, et plus de 6 000 personnes ont été tuées en trois jours, selon l’ONU. L’offensive des Forces de soutien rapide a visé le dernier bastion de l’armée soudanaise dans la région. Très vite, la ville a été envahie, puis pillée, après dix-huit mois de siège.
Depuis avril 2023, la rivalité entre les paramilitaires et l’armée régulière s’enlisait dans une guerre ouverte au Darfour. Cette lutte pour le pouvoir fragilisait déjà les civils, tandis que l’impunité persistait. Ainsi, les violences s’inscrivaient dans une dynamique ancienne, nourrie par des tensions ethniques et politiques.
Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, 4 400 personnes ont été tuées entre le 25 et le 27 octobre à El-Fasher. De plus, 1 600 civils auraient péri en tentant de fuir. Le rapport évoque des exécutions sommaires, des viols, des enlèvements et des bombardements indiscriminés. Par ailleurs, l’attaque contre la maternité d’Al-Saudi a causé au moins 460 morts, selon l’Organisation mondiale de la santé.
Ces faits pourraient constituer des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité. Le général Mohammed Hamdan Dagalo a reconnu des abus, tout en contestant leur ampleur. Cependant, l’ONU estime que le bilan réel reste sous-évalué. Source
Guerre en Ukraine : un dépôt pétrolier russe en flammes
Un site de stockage pétrolier a été frappé dimanche matin dans la région russe de Krasnodar, provoquant un incendie massif. L’attaque, menée par drones ukrainiens, a touché le port de Volna, sur les rives de la mer Noire. Rapidement, les autorités locales ont confirmé des dégâts sur un réservoir, un entrepôt et plusieurs terminaux. Deux personnes ont été blessées. En conséquence, une centaine de pompiers ont été mobilisés pour contenir plusieurs foyers.
Depuis des mois, Kiev visait régulièrement ce type d’infrastructures énergétiques. L’objectif affiché était d’affaiblir la logistique russe et de perturber l’effort de guerre. Or, le port de Taman, situé sur la péninsule éponyme, occupait une position stratégique. Cette plateforme assurait le transbordement de céréales, de produits pétroliers et de substances chimiques. De plus, sa proximité avec le pont de Kertch et la Crimée renforçait son importance militaire et économique.
Selon le gouverneur Veniamin Kondratyev, les installations endommagées se trouvaient dans une zone clé du complexe portuaire. Toutefois, le ministère russe de la Défense a affirmé avoir détruit 88 drones ukrainiens dans le sud du pays et dans les régions frontalières. Ainsi, Moscou tente de démontrer l’efficacité de sa défense aérienne. Source
Sud-Kivu : malgré le cessez-le-feu, les combats continuent ?
Les bombardements ont repris mardi sur les hauts plateaux de Minembwe, dans l’est de la République démocratique du Congo, à la veille d’un cessez-le-feu annoncé pour le 18 février. Pourtant, les affrontements se sont intensifiés entre les combattants Twirwaneho, alliés à l’AFC/M23, et l’armée congolaise appuyée par des unités burundaises et des miliciens Wazalendo.
Depuis plusieurs semaines, la région vivait déjà sous tension. Les groupes armés occupaient les collines et l’armée préparait des positions défensives. Cependant, l’annonce d’une trêve soutenue par des appels internationaux, dont celui des États-Unis, laissait espérer une accalmie. Or, sur le terrain, les tirs d’artillerie et les frappes de drones se poursuivaient.
À Minembwe, territoire enclavé du Sud-Kivu, les réseaux téléphoniques étaient coupés depuis plus d’un mois. Ainsi, les habitants se retrouvaient isolés, privés de communications et de ressources. Le président de la société civile locale, Mufashe Santos, a décrit des bombardements visant des zones habitées. Selon lui, les civils subissaient des attaques répétées, de jour comme de nuit.
Dans le même temps, la cheffe de la Monusco, Vivian Van de Perre, séjournait à Goma. Elle y rencontrait des responsables de l’AFC/M23 ainsi que le Mécanisme conjoint de vérification élargi. Toutefois, ces discussions diplomatiques ne semblaient pas freiner les combats. Source
Chine avertit les États-Unis : Taïwan peut provoquer une confrontation armée
Samedi, Pékin a averti Washington que toute tentative de soutenir l’indépendance de Taïwan conduirait à une confrontation directe. Depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949, la Chine considérait Taïwan comme une province inséparable de son territoire, cherchant à empêcher toute reconnaissance internationale de l’île. La tension s’était progressivement accrue, les États-Unis restant le principal fournisseur d’armes pour Taipei malgré l’absence de relations diplomatiques officielles. Le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, a insisté sur le risque de conflit armé si des manœuvres extérieures tentaient de modifier le statu quo.
En parallèle, Pékin a critiqué les propos de la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, qui avait évoqué une possible intervention militaire japonaise en cas d’attaque contre Taïwan. Ces déclarations ont été perçues par la Chine comme une atteinte directe à sa souveraineté, ravivant les tensions bilatérales. Wang Yi a rappelé que, contrairement à l’Allemagne après 1945, le Japon entretenait encore certains symboles militaristes et la mémoire de criminels de guerre de l’époque 1930-1940.
Le message chinois soulignait que toute tentative de revenir sur le chemin de la militarisation régionale ne pouvait que conduire à une défaite rapide. L’avertissement s’inscrivait dans une logique de défense de l’intégrité nationale, mais reflétait aussi la volonté de Pékin de prévenir toute escalade dans l’Asie-Pacifique. Les analystes notent que cette déclaration s’inscrit dans un contexte de rivalité stratégique entre grandes puissances et pourrait influencer les futures décisions militaires et diplomatiques dans la région. Source
