Chers amis mélomanes,
Bon… je dois vous faire une petite confession. Lors de la chronique consacrée à
Anohni, une boulette s’est glissée : la vidéo publiée avec l’article n’était pas du tout
celle que j’évoquais. Au lieu du sublime Tiny Desk Concert qui m’avait mis les larmes
aux yeux dès la deuxième minute, vous avez eu droit… à autre chose.
Alors remettons les choses à leur place : ce concert Tiny Desk, c’est de la pure magie,
une vague d’émotion qui balaie tout sur son passage. Si vous ne l’avez pas vu, je vous
ordonne gentiment (oui, ça existe) d’aller cliquer dessus, café à la main, âme à fleur de
peau.
Je m’excuse pour la confusion — c’est le rédac’ chef qui a chargé la mauvaise vidéo
(promis, ce n’est pas moi, j’étais trop occupé à choisir entre deux packs de bières au
supermarché).
Bref, mea culpa collectif, mais l’important c’est la musique : Anohni, toujours aussi
bouleversante, n’a pas besoin qu’on se plante pour briller.
Avec paix, amour, et un brin de dérision,
Votre Bill Ottomo
Je le fais ou pas…
J’hésite…
C’est pas raisonnable. Ni impartial.
Mais bon, allez, je me lance.
Chers amis, chères mélomanes, aujourd’hui je vais vous parler du plus grand groupe du monde.
Oui, rien que ça. Et rien que d’écrire cette phrase, j’ai un peu honte. Parce que je sais très bien que
chacun aura son artiste ou groupe préféré, son panthéon personnel, son truc à lui.
Mais moi, depuis « houlala » de nombreuses années, Wilco, c’est mon sommet.
À l’origine, Wilco naît sur les cendres d’un autre groupe : Uncle Tupelo, pionnier du style
« alternative country ». Quand ce groupe se sépare en 1994 après des tensions entre Jeff Tweedy et
Jay Farrar, c’est Tweedy qui monte Wilco, emmenant plusieurs musiciens de l’époque avec lui.
Ce qui est fort avec Wilco, c’est que c’est une longue histoire de rencontres musicales pleines de
sens, et d’évolutions de style. Un moment clé : la rencontre avec le batteur Glenn Kotche, à
l’époque musicien dans des projets expérimentaux avec Jim O’Rourke (musicien, auteur,
compositeur, interprète et producteur américain exceptionnel). Tweedy le repère, l’invite à
participer à l’enregistrement de Yankee Hotel Foxtrot (2002) et là, bim, la mèche est allumée. Glenn
apporte un groove précis, inventif, qui va transformer le son du groupe.
Un autre tournant incroyable, c’est l’arrivée de Nels Cline, guitariste virtuose, aux sonorités jazz et
noise, presque venues d’un autre univers. Tweedy le veut pour pousser encore plus loin les
explorations sonores. Anecdote sympa : à leur première répète, Nels croit qu’il vient juste
auditionner, et Tweedy lui sort un simple :
« Tu veux être dans le groupe ? T’en fais déjà partie. »
C’est beau, c’est direct.
Et c’est ça qui fait le charme de Wilco : un groupe composé de musiciens qui jouent pour la
musique, pas pour leur ego. Chacun apporte sa couleur, mais reste au service du tout. Résultat : une
identité forte, mais toujours mouvante.
Avec Wilco, on a une ouverture musicale de dingue. Chaque album a un style différent. Par
exemple, leur dernier album Cousin (2023), produit par Cate Le Bon (musicienne, auteure-
compositrice et productrice), flirte avec une ambiance presque country planante, minimaliste,
douce-amère. Franchement, c’est pas trop mon truc normalement… mais avec eux, je trouve ça
génial.
L’album le plus fort émotionnellement pour moi, c’est Sky Blue Sky (2007). Tous les morceaux sont
hyper prenants. C’est un album qui a aussi une histoire particulière à cause des textes, qui parlent de
reconstruction, de famille, de doutes (Surtout pour Jeff Tweedy), avec une sincérité désarmante.
C’est doux, mélancolique, mais sans jamais sombrer. Juste… vrai.
Et quand je suis « rassasié » de Wilco, paf, je peux plonger dans la carrière solo de Jeff Tweedy. Et ça
aussi, c’est un univers en soi. Tweedy a pondu plusieurs albums magnifiques, comme WARM ou
Love Is The King, beaucoup plus dépouillés, souvent enregistrés chez lui avec ses fils. Des albums
« maison », mais d’une beauté pure, humaine, touchante.
Entre les albums de Wilco et ceux de Jeff Tweedy, vous avez de quoi écouter de la musique jusqu’à
l’année prochaine. C’est comme si je vous offrais un immense gâteau au chocolat avec plein de
couches différentes, des surprises à chaque bouchée.
Alors voilà, allez-y, foncez. Mettez un disque, Sky Blue Sky pour commencer, ou Cousin, ou même
Being There si vous aimez les racines plus rock. Vous m’en direz des nouvelles.
Et PS : si jamais vous n’êtes pas du tout d’accord avec mon « meilleur groupe du monde », je suis
impatient de lire vos suggestions ! On pourra peut-être en parler lors de la prochaine chronique du
Panier de Bill.
Bises à tous et à toutes !
Bill Ottomo – votre dealer de vibrations musicales
