Pourquoi l’accord avec l’Australie inquiète les élevages européens

L’accord de libre‑échange entre l’Union européenne et l’Australie, en cours de finalisation, inquiète profondément les éleveurs européens parce qu’il ouvre la voie à une entrée accrue de viande bovine australienne sur le marché de l’UE, déjà impacté par l’accord Mercosur. Contrairement aux modèles intensifs australiens, les élevages européens, souvent plus coûteux, appréhendent une concurrence jugée déloyale.

Une concurrence jugée déloyale

Les éleveurs européens dénoncent des différences majeures de normes : sanitaires, environnementales et sociales, qui pèsent lourdement sur leurs coûts de production. L’Australie, qui exporte sur des volumes gigantesques et bénéficie de structures de production très performantes, pourrait vendre sa viande bovine à des prix inférieurs à ceux pratiqués en Europe. Cette situation, si les quotas sont relevés, risque de faire pression sur les prix domestiques et de fragiliser encore plus les exploitations déjà sous tension.

Des quotas au cœur du débat

Les négociations sont notamment bloquées sur le volume de viande bovine australienne pouvant entrer en Europe avec des droits de douane réduits. L’UE veut se limiter à environ 30 000 tonnes par an, alors que l’Australie réclame des plafonds beaucoup plus élevés, voisins de 40 000 à 50 000 tonnes. Les interprofessions européennes préviennent que tout relèvement substantiel des quotas s’inscrirait dans une logique déjà observée avec le Mercosur, où les agriculteurs se sont sentis sacrifiés.

Une plaie ouverte après le Mercosur

Les éleveurs ont gravement vécu l’accord avec le Mercosur comme un coup dur pour leurs revenus et pour la souveraineté de leurs filières. L’annonce d’un nouvel accord avec un autre géant exportateur de viande bovine ravive les craintes d’être de nouveau la « variable d’ajustement » d’un partenariat voulant surtout sécuriser les approvisionnements en minerais critiques et en matières premières. Beaucoup d’acteurs européens de la filière appellent donc à exclure purement et simplement la viande bovine des concessions commerciales, ou à fixer des quotas très limités.

Les élevages européens voient dans cet accord potentiel un risque de pressions supplémentaires sur les prix et la rentabilité, ce qui pourrait pousser certains exploitants à la cessation d’activité.

Que pensez‑vous de l’équilibre entre accords commerciaux et protection des élevages européens ? Partagez vos réactions dans les commentaires.

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