Le trio Tanxugueiras, formé en 2016 autour d’Aida Tarrío et des jumelles Olaia et Sabela Maneiro, incarne une nouvelle génération de musiciennes galiciennes qui revisite la tradition via des plages sonores plus urbaines et électro. À la fois folk et modernes, leurs compositions s’appuient sur les racines rurales de la Galice tout en dialoguant avec la pop, le monde et le chant polyphonique.
Des populaires racines à la scène internationale
Tanxugueiras commence à être connu fin 2016, lorsque des vidéos de leur participation au Celtic Connections Festival de Glasgow circulent massivement sur les réseaux sociaux. Ces images, captées lors d’un concert avec la Banda das Crechas, révèlent une scène de « panadeiras » où les trois femmes, pandereteiras, imposent un rythme entraînant et un rapport physique au tambourin. Peu à peu, le trio se construit une identité musicale où le folklore n’est plus un musée, mais un matériau vivant, réaménagé pour des publics plus larges.
La musique comme levier identitaire et politique
Leur répertoire s’articule autour de thèmes tels que la compréhension entre les peuples, la défense de la langue galicienne et le renforcement de l’autonomie des femmes. En mélangeant registre poétique et messages militants, Tanxugueiras fait de la scène un espace où la culture locale devient un vecteur de revendication autant qu’une esthétique. Le choix de chanter souvent en galicien, mais aussi en euskara, catalan ou asturien, renforce leur profil de porte‑voix d’une identité périphérique au sein de l’Espagne.
Benidorm Fest et le phénomène Eurovision
En 2021, le trio est sélectionné pour le Benidorm Fest 2022, nouvelle machine à votes censée désigner le représentant espagnol à l’Eurovision. Avec Terra , première chanson de la sélection ibérique entièrement écrite en galicien, Tanxugueiras grimpe sur la troisième marche du podium, engrange une exposition médiatique considérable et transforme leur statut d’artiste folk en véritable phénomène médiatique. L’onde de choc du festival accélère leur visibilité, mais expose aussi le trio aux tensions entre authenticité identitaire et logique commerciale.
L’album Diluvio et l’équilibre des tensions
En 2022, le trio sort Diluvio , troisième album où la tradition galicienne se mêle à des arrangements plus électro et urbains. Des titres comme Midas , Figa ou encore Pano corado interrogent les « péchés capitaux » du passé pour en faire des motifs de réflexion et de changement, ce qui renforce leur position d’artistes engagés. À la fois lumineux et sombre, le disque incarne ce que vit le groupe : une reconnaissance internationale croissante, mais aussi le poids de la représentation d’une culture minoritaire dans un espace médiatique mondialisé.
Tanxugueiras fait pivoter la musique galicienne entre héritage rural et scène contemporaine, et invite à discuter de la place des langues et cultures régionales dans l’espace européen.
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