Llundi 23 février, le Mexique affiche un visage inquiétant, marqué par des rues désertes et des établissements scolaires fermés comme autant de réflexes de protection. À Guadalajara, deuxième ville du pays et bastion historique du cartel Jalisco Nueva Generación, les commerces restent en grande partie clos, tandis que les habitants préfèrent se confiner chez eux, à l’abri des incendies et des barrages routiers qui ont jalonné la nuit. Cette brusque paralysie traduit la peur de voir la mort du chef du cartel Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », déclenche une guerre interne parmi les factions du crime organisé.
La disparition du baron de la drogue, abattu lors d’une opération conjointe avec l’armée mexicaine avec le soutien des États-Unis, ouvre un vide de pouvoir que les autorités craignent de voir se transformer dans un chaos prolongé. Depuis dimanche, plus de vingt États ont été touchés par des scènes de violence, avec des véhicules incendiés, des routes bloquées et des vols annulés, ce qui contraint les gouvernements locaux à maintenir les cours dans au moins huit entités fédérales. Dans le Jalisco notamment, le gouverneur Pablo Lemus a annoncé la fermeture des écoles et des universités jusqu’à nouvel avis, afin de protéger les élèves et les enseignants des mouvements de groupes armés.
Cette vague de mesures préventives révèle aussi la fragilité d’un système de sécurité qui peine à rassurer la population, même lorsque l’État affirme avoir porté un coup décisif à l’une des organisations criminelles les plus puissantes du continent. Les autorités fédérales ont déployé quelque 10 000 soldats dans l’ouest du pays, tandis que la présidente Claudia Sheinbaum assure que le Mexique reste « en paix » et « calme », malgré les incendies et les blocages observés autour de Guadalajara. Paradoxalement, cette communication volontairement rassurante ne suffit pas à dissiper l’angoisse des habitants, qui voient dans chaque barrage routier ou véhicule en flammes un signe que la promesse de normalisation reste fragile.
Au lendemain de ces violences, un Mexique figé dans l’attente observe la réaction des cartels et mesure les conséquences sur la vie quotidienne. Les écoles restent fermées, les parents modulent leurs sorties et les commerçants calculent les pertes économiques, tandis que les autorités militaires tentent de stabiliser les zones les plus sensibles. Dans ce contexte tendu, les citoyens restent à l’affût de la moindre information, conscients que la mort d’« El Mencho » n’a pas clos la guerre contre le narco, mais a simplement relancé la partie sous un autre nom. Image: ui.aliado.alephri.com
