Les avocats ont déposé un recours vendredi 20 contre une lourde peine prononcée en décembre à Siem Reap. Deux journalistes cambodgiens ont été condamnés à 14 ans de prison pour « trahison ». Pourtant, l’enquête judiciaire s’inscrivait depuis des mois dans un climat de tension le long de la frontière thaïlandaise. Les autorités affirmaient vouloir protéger des zones militaires sensibles, alors que les combats de juillet ravivaient d’anciennes rivalités.
Arrêtés le 31 juillet, Pour Sopeap et Pheap Pheap revenaient d’un reportage de terrain. Cependant, la publication de photos sur Facebook a déclenché des poursuites pour atteinte à la sécurité nationale. L’une des images montrait des mines terrestres visibles derrière des soldats. Or Phnom Penh niait l’usage de telles armes, en invoquant son engagement envers la Convention d’Ottawa.
En conséquence, le tribunal provincial a retenu la collecte et la transmission d’informations sensibles. La loi prévoit jusqu’à quinze ans de réclusion. Toutefois, les avocats contestent l’intention de nuire et évoquent un travail documentaire classique. De plus, des ONG rappellent que le pays figure au 161ᵉ rang sur 180 dans le classement 2025 de Reporters sans frontières.
Ainsi, l’affaire dépasse le simple cadre pénal. Elle interroge l’équilibre entre sécurité nationale et liberté d’informer. Les juges d’appel devront trancher, alors que la frontière reste sous tension malgré la trêve de décembre. Les lecteurs peuvent réagir et partager leur analyse dans l’espace commentaires. Source
