Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, à la barre en tant que témoin dans une affaire pénale

Le prélat du diocèse de Fréjus-Toulon, Mgr Dominique Rey, s’est retrouvé face à la justice ce jeudi, invité à témoigner devant le tribunal correctionnel de Toulon. La convocation résultait de l’initiative d’un prévenu poursuivi pour envoi de messages malveillants. Sans sa mitre et sa soutane habituelles, Dominique Rey a prêté serment et a affirmé qu’il dirait « toute la vérité, rien que la vérité » devant les tribunaux séculiers. Une promesse rapidement tenue.

Mgr Dominique Rey, évêque du diocèse de Fréjus-Toulon, témoignant lors de l'audience au tribunal correctionnel de Toulon.

La pluie de courriers accusateurs

Laurence, prénom modifié pour protéger son identité, avait été embauchée au sein du diocèse, et depuis lors, le témoin particulier, Claude A., a commencé à inonder les boîtes de réception de 42 destinataires différents avec pas moins de 217 messages. Ces messages remettaient en question les attitudes des prêtres quant à la séparation. Claude A. s’était manifestement saisi de ce qui lui semblait être une incongruité, voire un péché, après que Laurence ait choisi de divorcer.

Le procès-verbal du divorce

« Le péché originel de Laurence est d’avoir voulu divorcer, résume le procureur Jean-Baptiste Sirvente. Monsieur ne l’a pas supporté. Tout comme il n’a pas supporté que le diocèse engage une personne ayant divorcé à un poste où elle est en contact permanent avec l’évêque. » Depuis 2017, Claude inonde donc les boîtes mails de plusieurs de ses connaissances pour leur faire part de ce qu’il considère a minima comme une incongruité, au pire comme un péché.

Le face-à-face manqué

Claude, à droite de « Monseigneur », aurait aimé poser des questions à l’évêque qui avait été cité comme témoin dans ce dossier où il était lui-même poursuivi pour envois réitérés de messages malveillants par voie électronique. Cependant, ses tentatives furent rapidement interrompues par la présidente du tribunal, Marie-Laure Arnouil, qui déclara que les questions posées n’étaient pas pertinentes pour le dossier en cours.

Les lignes de défense

Claude A. avance que ses échanges n’ont pas été reconnus et accusés à tort. « On a produit dans le dossier pénal des transferts de transferts de mails, s’insurge-t-il. De plus, Laurence ne prouve pas que les destinataires de ces messages font partie de son entourage. Elle n’est pas le centre du monde. Rien ne lui a été envoyé directement. Tout ça, ce sont des intrigues d’une ex-épouse qui prend ses désirs d’être harcelée pour des réalités. »

Harcèlement confirmé par la partie civile

L’avocate de la partie civile, Me Estelle Pidoux, insiste cependant sur le fait qu’il s’agit bel et bien d’une situation de harcèlement. Cette affirmation est appuyée par le procureur Jean-Baptiste Sirvente.

Verdict et sanction Le tribunal a finalement statué, condamnant Claude A. à une peine d’un an d’emprisonnement avec sursis probatoire. Cette peine comprend une obligation de suivre des soins et l’interdiction de contacter la victime. De plus, il devra verser un euro symbolique à titre de dommages et intérêts à la victime.

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