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title: "#18 Carqueiranne 2046 – Le faux volant"
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  - "Immobilier"
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[Carqueiranne](https://presse83.fr/category/carqueiranne/)
[Immobilier](https://presse83.fr/category/immobilier/)

**–Votre feuilleton, offert par [Titan-Informatique](https://titan-informatique.fr/)
, Assistance aux particuliers et entreprises–**

La lettre soigneusement rangée dans son sac, Pascale venait à peine de se lever lorsqu’une notification retentit sur sa montre.

Une musique démarra.

**« Parasite » de Jul.**

Quelques notes qu’elle reconnut immédiatement.

Un vieux titre, désormais considéré comme vintage par les plus jeunes.

Pascale sourit.

Elle adorait ces morceaux qui lui rappelaient son enfance. Il y avait quelque chose de rassurant dans ces vieilles chansons. Elles lui donnaient l’impression de retrouver, pendant quelques secondes, une époque où les problèmes semblaient beaucoup plus simples.

Puis elle regarda l’heure.

Son sourire disparut.

— Oh non !

Elle venait de se rappeler son rendez-vous.

Elle avait complètement oublié !

Pascale attrapa sa sacoche, enfila rapidement une veste et vérifia qu’elle avait bien son nécessaire avec elle.

Elle dévala les escaliers quatre à quatre.

Arrivée dans la rue, elle se mit presque à courir.

Elle traversa la place de la République, passa devant les terrasses encore peu animées et prit la direction de la zone de rencontre située en bas de la place.

Son souffle était court.

Pas seulement à cause de la course.

Elle venait de passer une nuit étrange, avait découvert une lettre qu’elle n’était pas certaine d’être capable de relire sans sourire et, maintenant, elle courait vers un rendez-vous dont elle avait failli oublier l’existence.

Elle arriva enfin au point de rendez-vous.

Pascale consulta sa montre.

Elle resta immobile quelques secondes.

Puis souffla de soulagement.

— Trois minutes d’avance.

Elle sourit.

Pour une fois, elle n’était pas en retard.

Elle posa sa sacoche contre elle et regarda autour d’elle.

La zone de rencontre était presque vide.

Quelques passants traversaient la place.

Un robotaxi venait de déposer quelqu’un plus loin.

Pascale regarda sa montre.

**Trois minutes.**

Elle avait donc le temps de reprendre son souffle.

Elle inspira profondément.

Puis une notification apparut sur son écran.

**« Votre rendez-vous arrive dans 2 min 40. »**

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Une voiture sombre s’arrêta doucement devant la zone de rencontre. Le conducteur baissa la vitre.

Pascale resta quelques secondes sans réaction.

Elle connaissait cet homme.

— Monsieur Valmont ?

Le conducteur lui adressa un sourire professionnel.

— Bonjour, Pascale. Désolé pour le léger retard.

Elle regarda sa montre.

— Vous avez trois minutes d’avance.

Il rit.

— Alors je vais considérer que je suis parfaitement à l’heure.

Pascale monta dans la voiture.

Cet homme n’était autre que le promoteur à l’origine du programme de Canebas.

Celui qui avait présenté le projet de résidence destinée aux seniors.

Celui dont Célia avait repris le dossier et qu’elle représentait désormais auprès des différents interlocuteurs.

Pascale connaissait son parcours.

Il n’était pas à la tête d’un immense groupe immobilier.

À l’origine, ce n’était qu’un petit marchand de biens local.

Un homme qui avait commencé modestement, acheté quelques terrains, monté quelques opérations et appris à présenter ses dossiers aux bonnes personnes.

Mais il possédait une qualité singulière : une ténacité allant jusqu’à la virulence.

Il avait réussi à convaincre des institutions, à intéresser des financiers et à faire entrer son programme de Canebas dans des circuits beaucoup plus importants que son entreprise ne le laissait supposer.

Aujourd’hui encore, il suivait personnellement le dossier de financement.

Officiellement, il s’agissait simplement de défendre ses intérêts et de s’assurer que le prêt nécessaire à l’opération puisse être débloqué.

Mais Pascale avait appris, depuis qu’elle travaillait sur le projet, qu’un dossier immobilier n’était jamais aussi simple qu’il en avait l’air.

Le promoteur prit la route.

— Alors, comment avance le dossier ?

Pascale ouvrit sa sacoche.

— Justement, c’est pour cela que nous devons parler.

L’homme lui jeta un bref regard.

— Il y a un problème ?

— Je ne sais pas encore.

Il fronça les sourcils.

— Ce n’est pas très rassurant.

Pascale hésita.

Elle pensa à Papon.

À Kléber.

Et surtout à cette phrase :

**« Quelqu’un veut absolument que ton projet aboutisse. »**

Elle regarda par la fenêtre.

— J’ai simplement besoin de vérifier certaines choses.

Le promoteur resta silencieux quelques secondes.

Puis il demanda :

— Quelles choses ?

Pascale se tourna vers lui.

— Qui avait réellement demandé que ce terrain soit retenu pour le projet.

Le sourire du promoteur disparut.

La voiture continua d’avancer.

Et, pour la première fois depuis qu’elle était montée, Pascale eut l’impression que leur rendez-vous ne concernait peut-être pas seulement le financement de la résidence.

Elle observa son interlocuteur.

— Vous saviez que des propriétaires locaux s’opposaient au projet ?

— Bien sûr.

— Et les problèmes autour du terrain ?

— Quels problèmes ?

Pascale ne répondit pas immédiatement.

Elle venait de remarquer quelque chose.

Le promoteur avait serré ses mains sur le volant.

Très légèrement.

Mais suffisamment pour qu’elle le remarque.

---

La voiture de Valmont filait maintenant en direction de Marseille.

Le rendez-vous avec la banque était prévu dans moins d’une heure. Sur le papier, tout était parfaitement normal : présentation du dossier, point sur le financement et discussion sur les dernières garanties nécessaires au projet de Canebas.

Mais dans l’habitacle, l’ambiance avait changé.

Valmont conduisait en silence depuis plusieurs minutes.

Pascale, elle, sentait une tension grandissante.

Chaque fois qu’elle posait une question, il répondait de façon très précise… mais sans jamais vraiment répondre.

— Vous avez dit que le terrain avait été proposé spontanément aux investisseurs ?

— Oui.

— Par qui ?

— Par les personnes compétentes.

Pascale le regarda.

— C’est-à-dire ?

Valmont soupira.

— Pascale, nous avons déjà parlé de tout cela.

— Non. Nous avons parlé du projet. Pas de son origine.

Un silence.

Valmont fixa la route.

— Vous cherchez des problèmes là où il n’y en a pas.

Pascale sentit son malaise augmenter.

Elle connaissait cette sensation.

Elle l’avait déjà ressentie avec son ex : cette impression désagréable de devoir constamment se justifier alors que la personne en face évitait soigneusement de répondre.

Elle ne voulait pas revivre ça.

Elle sortit discrètement son téléphone.

Puis, sans prévenir Valmont, elle lança une visioconférence.

Quelques secondes plus tard, le visage de Célia apparut à l’écran.

— Pascale ? Tu es où ?

— En voiture.

Célia fronça les sourcils.

— Avec qui ?

Pascale tourna légèrement le téléphone.

Valmont apparut dans le cadre.

— Bonjour, Célia, dit-il.

— Monsieur Valmont.

Le ton de Célia changea immédiatement.

— Vous allez à Marseille ?

— Oui. Nous avons rendez-vous avec la banque.

Célia regarda Pascale.

Elle comprit immédiatement que quelque chose n’allait pas.

— Tout va bien ?

Pascale répondit avec un petit sourire.

— Oui. Je me suis simplement dit que ce serait plus agréable si tu participais à la conversation.

Valmont lança un regard rapide vers le téléphone.

— Vous aviez besoin d’un témoin ?

Célia répondit avant Pascale.

— Non. Elle avait besoin d’une collègue.

Silence.

Pascale sentit une petite bouffée de soulagement.

Elle n’était plus seule dans cette voiture.

— Justement, reprit-elle. Je posais quelques questions sur l’origine du projet.

Célia regarda Valmont.

— Lesquelles ?

— Qui a réellement proposé le terrain ?

Valmont serra légèrement la mâchoire.

— Nous en avons déjà parlé.

Célia répondit calmement :

— Pas avec moi.

Cette fois, Valmont ne trouva rien à répondre.

La voiture poursuivait sa route vers Marseille.

Pascale regarda alternativement Valmont et l’écran de son téléphone.

Puis Célia lui demanda :

— Pascale, pourquoi as-tu précisément envie de connaître l’origine du projet maintenant ?

Pascale hésita.

Elle ne pouvait pas encore lui en parler.

Mais elle pouvait lui donner une partie de la vérité.

— Parce que j’ai découvert que certaines personnes s’intéressent beaucoup plus à ce terrain que je ne le pensais.

Célia resta silencieuse.

Puis son visage devint sérieux.

— Moi aussi.

Valmont tourna brusquement les yeux vers elle dans le rétroviseur.

Pascale le remarqua.

Célia aussi.

— Qu’est-ce que tu veux dire ? demanda Pascale.

— Je te raconterai quand tu seras avec moi.

Un nouveau silence s’installa.

Puis Célia ajouta :

— Et surtout, Pascale…

— Oui ?

— Ne signe rien aujourd’hui.

Valmont intervint immédiatement.

— Personne ne lui demande de signer quoi que ce soit.

Célia le regarda droit dans les yeux à travers l’écran.

— Alors ça ne devrait pas vous poser de problème.

Pascale baissa les yeux pour cacher un sourire.

Pour la première fois depuis le départ, elle se sentait beaucoup moins seule.

Mais quelque chose la troublait.

Valmont venait de ralentir.

Devant eux, un panneau indiquait Marseille.

Il regarda brièvement son téléphone de bord.

Puis il changea de direction.

---

Valmont s’arrêta brutalement sur le bas-côté.

Le silence qui suivit fut presque aussi brutal que le freinage.

Il se tourna vers Pascale.

— Je n’ai pas que cela à faire de répondre à vos questions indiscrètes. Alors maintenant, vous descendez de ma voiture. Et je ne veux plus vous voir !

Pascale resta immobile.

Elle était tétanisée.

De l’autre côté de l’écran, Célia avait tout entendu.

— Passe-moi ce pitre ! lança-t-elle.

Pascale, encore sous le choc, tourna simplement son téléphone vers Valmont.

Célia prit une grande inspiration.

— Premièrement, monsieur le geigneur, vous n’avez pas à vous comporter comme cela avec ma collègue. Et je sais très bien que si elle n’était pas seule, dans votre voiture, vous n’oseriez pas agir de la sorte.

Valmont ouvrit la bouche.

— Madame, je…

— Non ! Vous allez m’écouter jusqu’au bout.

Pascale sentit quelque chose changer dans la voiture.

Quelques secondes plus tôt, elle était incapable de parler. Maintenant, elle avait presque envie de rire.

Célia poursuivit :

— Vous êtes un apporteur d’affaires. Le projet vous dépasse complètement. Alors arrêtez de vous gonfler comme un crapaud-bœuf dès que quelqu’un vous pose une question qui vous dérange.

Valmont devint rouge.

— Je ne vous permets pas…

— Et pour finir, je vous signale que tout le monde sait que votre voiture est autonome.

Un silence.

Célia sourit.

— Et votre faux volant installé devant vous pour faire croire que vous conduisez… franchement, c’est pathétique.

Pascale baissa les yeux pour cacher son sourire.

Valmont, lui, regarda lentement le volant.

Puis Célia ajouta :

— Vous savez ce qui est amusant ? Vous avez demandé à Pascale de descendre. Très bien.

Quelques minutes plus tard, une seconde voiture arriva à vive allure.

Elle freina devant celle de Valmont.

La portière s’ouvrit presque avant que le véhicule soit complètement arrêté.

Célia en descendit en trombe.

Elle se dirigea droit vers la voiture de Valmont, ouvrit la portière passager et se pencha vers Pascale.

— Ça va ?

Pascale acquiesça.

— Oui. Maintenant, ça va mieux.

Célia se redressa et regarda Valmont droit dans les yeux.

— Inutile d’aller au rendez-vous. Vous n’êtes plus le bienvenu.

Valmont eut un petit rire méprisant.

— Ce n’est pas vous qui m’en empêcherez.

— Je ne vais rien vous empêcher du tout, répondit calmement Célia. Vous êtes parfaitement libre d’aller à Marseille.

Elle referma la portière.

— Très bonne route.

Célia rejoignit sa voiture.

Pascale descendit rapidement de celle de Valmont et monta à côté d’elle.

À peine les deux femmes furent-elles installées que la voiture démarra.

Elles prirent la direction de Marseille.

Valmont resta quelques secondes immobile.

Puis son véhicule se remit en mouvement.

Quelques minutes plus tard, il les dépassa comme une trombe.

Pascale regarda la voiture disparaître au loin.

— Il roule vraiment vite…

Célia sourit.

— Laisse-le faire.

— Tu n’as pas peur que ce soit un problème ?

— Quel problème ?

Pascale hésita.

— La réunion. La banque. Tout ça…

Célia éclata de rire.

— Non. Aucun problème.

— Mais tu viens de lui dire qu’il n’était plus le bienvenu.

— Exactement.

— Et la réunion ?

— Elle aura lieu.

Pascale fronça les sourcils.

— Je ne comprends plus rien.

Célia prit son téléphone posé sur la console.

— Pendant que tu étais dans sa voiture, notre conversation en visioconférence a été partagée avec les autres participants de la réunion.

— Quoi ?

— Tout le monde a entendu.

Pascale ouvrit de grands yeux.

— Même quand tu lui as parlé du faux volant ?

— Même ça.

— Le con.

Pascale éclata de rire malgré elle.

— Oh non…

— Oh si.

Célia reprit :

— Et les participants ont immédiatement compris qu’il y avait un problème. Alors ils ont proposé de modifier le lieu du rendez-vous.

— Où ça ?

Célia lui adressa un sourire.

— Au siège de la banque, à Aix.

Pascale resta silencieuse quelques secondes.

La voiture de Valmont avait déjà disparu.

— Donc…

— Oui.

— Il va vraiment jusqu’à Marseille ?

— Il semblerait.

— Pour rien ?

— Absolument.

Pascale se mit à rire.

— Et nous ?

— Nous sommes attendues à Aix.

Elle marqua une pause.

— Et contrairement à lui, nous savons exactement pourquoi nous y allons.

Pascale se tourna vers elle.

— Célia…

— Oui ?

— Tu crois toujours que cette histoire de terrain cache quelque chose ?

Célia ne répondit pas immédiatement.

Elle regarda la route devant elle.

— Maintenant, je ne crois plus.

— Ah bon ?

— Maintenant, j’en suis presque certaine.

La voiture poursuivit sa route vers Aix.

Mais derrière elles, à plusieurs kilomètres de là, le véhicule autonome de Valmont continuait tranquillement vers Marseille.

Celia regarda Pascale et, d’un air très grave, lui dit : « Il y a plus important. La lettre… Raconte. »

**La joie et l’allégresse envahirent l’habitacle de la voiture.**

### **Votre feuilleton, offert par [Titan-Informatique](https://titan-informatique.fr/) , Assistance aux particuliers et entreprises**

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[#17 Carqueiranne 2046 – Le timide](https://presse83.fr/2026/09/26/17-carqueiranne-2046-le-timide/carqueiranne/fysolefojgue/)
  
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