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title: "#6 Carqueiranne 2046 – Se diriger vers le tunnel"
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excerpt: "–Votre feuilleton, offert par Titan-Informatique, Assistance aux particuliers et entreprises– Klèber avançait rapidement sur la jetée. À cette heure-là, la mer semblait presque paisible vue de loin. Mais lui savait mieux…"
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  - "Carqueiranne"
  - "Tech"
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[Carqueiranne](https://presse83.fr/category/carqueiranne/)
[Tech](https://presse83.fr/category/tech/)

**–**Votre feuilleton, offert par [Titan-Informatique](https://titan-informatique.fr/)
, Assistance aux particuliers et entreprises**–**

Klèber avançait rapidement sur la jetée.

À cette heure-là, la mer semblait presque paisible vue de loin.

Mais lui savait mieux que quiconque à quel point cette impression pouvait être trompeuse.

Le soleil commençait à émerger derrière l’horizon.

Avec lui arrivaient les premiers écarts de température entre la terre et la mer.

Et donc le vent.

Le fameux vent du matin.

Celui que les pêcheurs redoutaient autant que les scientifiques.

Klèber accéléra.

Dans son casque, plusieurs alertes météorologiques défilaient déjà.

Les calculs n’étaient pas bons.

Pas du tout.

— Dépêche-toi…, murmura-t-il.

Si les embruns se levaient avant l’évacuation, les risques augmenteraient brutalement pour tous ceux qui se trouvaient sur la jetée sans protection.

Enfin.

À quelques dizaines de mètres du petit phare.

Il aperçut une forme immobile.

Le jeune.

Klèber sentit son estomac se nouer.

Même à distance, quelque chose n’allait pas.

Il se mit à courir.

Les vagues frappaient désormais la digue avec une force croissante.

Le vent sifflait entre les blocs de béton.

Lorsqu’il arriva à hauteur du garçon, son inquiétude se transforma immédiatement en certitude.

L’adolescent était inconscient.

Une importante quantité de sang s’était répandue autour de lui.

Klèber s’agenouilla aussitôt.

Plus aucune place pour la peur.

Plus aucune place pour les questions.

Seulement des gestes précis et une évaluation rapide de la situation.

Dans son casque, il déclencha simultanément un signal d’urgence vers les équipes restées au port.

— Victime localisée.

Sa voix demeurait calme.

— Inconsciente. Blessure grave. Évacuation nécessaire immédiatement.

Le vent redoubla.

Une rafale secoua la jetée.

Klèber leva brièvement les yeux vers la mer.

L’horizon avait changé.

Les premières traînées blanches apparaissaient à la surface.

Mauvais signe.

Très mauvais signe.

Les vagues devenaient plus hautes.

Plus agressives.

Chaque minute comptait désormais.

Au loin, il aperçut les gyrophares des véhicules d’intervention.

Minuscules.

Trop loin.

Le jeune homme regarda une nouvelle fois le garçon allongé devant lui.

Puis le ciel.

Puis la mer.

Dans son oreillette, une voix grésilla :

— Klèber, situation ?

— Critique.

— Temps estimé avant arrivée des secours : neuf minutes.

Klèber ne répondit pas immédiatement.

Neuf minutes.

Dans des conditions normales, cela aurait pu suffire.

Mais la météo n’était plus normale.

Une nouvelle vague explosa contre la jetée.

Des gerbes d’eau montèrent dans les airs.

Même protégé par sa combinaison, il entendit l’impact.

Et il comprit alors ce qui inquiétait vraiment le vieux marin.

Ce n’était pas seulement l’état du blessé.

C’était la course qui venait de commencer.

Au pied de la jetée, l’agitation augmentait à mesure que le jour se levait.

Les gyrophares bleus découpaient des éclats lumineux dans la brume du matin.

Les badauds étaient de plus en plus nombreux.

Des joggeurs arrêtés dans leur course.

Des riverains réveillés par les sirènes.

Tous cherchaient à apercevoir ce qui se passait au bout de la digue.

Les policiers municipaux avaient fort à faire.

— Reculez s’il vous plaît !

— Derrière les barrières !

— Monsieur, vous aussi !

L’un des agents venait justement de désigner le vieux marin qui observait la jetée sans bouger.

— Vous avez entendu ?

Aucune réaction.

— Monsieur !

Le marin tourna lentement la tête.

Puis il sortit calmement une carte plastifiée de sa poche.

Le policier la regarda.

Son attitude changea immédiatement.

— SNSM ?

Le vieil homme acquiesça.

— Chacun son travail.

Sa voix était calme.

Ferme.

— Passez derrière les barrières comme les civils.

Le policier resta quelques secondes silencieux.

Puis il comprit.

Depuis les bouleversements climatiques des décennies précédentes et la prolifération de l’Ostreopsis medusae, les règles avaient profondément changé sur le littoral.

Au-delà des limites de sécurité côtières, l’autorité opérationnelle appartenait désormais aux équipes spécialisées.

Les pêcheurs, les scientifiques, les sauveteurs maritimes.

Et surtout la SNSM.

Le marin reprit :

— C’est nous qui accompagnons les sorties des pêcheurs.

Il désigna la mer.

— Et à cette heure-ci, ils sont encore tous dehors.

Le policier regarda l’horizon.

Les embarcations étaient effectivement encore loin.

— Ce qui explique pourquoi les secours habituels sont absents, termina le marin.

L’agent hocha la tête.

Puis demanda :

— Que pouvons-nous faire ?

Le vieux marin observa quelques secondes la jetée.

Puis les vagues.

Puis le ciel qui s’éclaircissait dangereusement vite.

Enfin il répondit :

— Préparez le tunnel de décontamination.

Le policier n’hésita pas une seconde.

— Tout de suite.

L’information circula immédiatement.

Les agents se mirent au travail.

Sur le parking sécurisé du port, plusieurs conteneurs techniques furent ouverts.

Des bras articulés se déployèrent.

Des bâches étanches furent déroulées.

En quelques minutes, une structure tubulaire apparut.

Longue.

Étroite.

Presque inquiétante.

Pour un visiteur du passé, elle aurait ressemblé à un poste de contrôle sanitaire.

Mais les habitants du littoral connaissaient parfaitement son rôle.

Le tunnel de décontamination.

Toute personne ayant été exposée à l’eau de mer.

Aux embruns.

Ou aux zones contaminées par l’algue.

Devait obligatoirement y passer.

Jets de neutralisation.

Brumisation chimique.

Analyse biologique.

Nettoyage des équipements.

La procédure prenait moins de deux minutes.

Mais personne n’aurait songé à s’en dispenser.

Pas après les accidents des années précédentes.

Pas après les décès provoqués par quelques gouttelettes transportées par le vent.

Mr Papon suivait les opérations du regard.

Le tunnel prenait forme rapidement.

C’était rassurant.

Car là-bas…

Au bout de la jetée…

Kléber était toujours seul.

Et les embruns commençaient déjà à apparaître dans la lumière naissante.

Le coordinateur SNSM leva les yeux vers le phare.

On distinguait à peine la silhouette du jeune océanographe à cette distance.

Mais il savait exactement ce qu’il faisait.

Il avait déjà vu cette attitude.

Chez les vieux marins.

Chez les sauveteurs expérimentés.

Cette façon de ne pas courir après l’héroïsme.

De simplement faire ce qui devait être fait.

Mr Papon croisa les bras.

Puis murmura pour lui-même :

— Tiens bon, gamin…

Au pied du petit phare, Kléber venait d’achever son garrot improvisé.

Sa ceinture était maintenant solidement serrée autour de la jambe du jeune blessé.

Le saignement semblait ralentir.

Mais un autre problème occupait désormais toute son attention.

Le transport.

Trois cents mètres.

À peine trois cents mètres.

En temps normal, cela représentait quelques minutes de marche.

Mais ici, en 2046, au bord de cette mer devenue hostile, c’était une éternité.

Klèber leva les yeux.

Le long de la jetée, les premières vagues commençaient déjà à passer au-dessus des blocs rocheux.

Le vent du matin gagnait en puissance.

Comme prévu.

Comme toujours.

Il regarda ensuite le jeune inconscient.

Puis sa combinaison.

Puis la mer.

Les calculs étaient simples.

Terriblement simples.

Si une seule goutte contaminée atteignait le garçon…

il n’aurait pratiquement aucune chance.

Les statistiques étaient connues de tous ceux qui travaillaient sur le littoral.

L’Ostreopsis medusae ne pardonnait pas.

Jamais.

Kléber inspira profondément.

Puis prit sa décision.

Une décision qu’il savait risquée.

Très risquée.

Mais il ne voyait aucune autre option.

Il ouvrit sa combinaison.

L’air froid du matin lui mordit immédiatement la peau.

Il l’étala au sol.

Avec précaution, il fit rouler le jeune blessé sur le matériau protecteur.

Puis il referma les fermetures.

Une à une.

Le garçon se retrouva entièrement enveloppé dans la protection.

Comme dans un cocon étanche.

À l’abri.

Du moins autant que possible.

En revanche…

Klèber se retrouvait désormais exposé.

Le vent sifflait autour de lui.

Les embruns commençaient à apparaître dans l’air.

Au loin, Mr Papon observait la scène à travers ses jumelles.

Il comprit immédiatement ce que le jeune océanographe venait de faire.

— Nom de Dieu…

murmura-t-il.

Sur la jetée, Klèber souleva le blessé.

Le poids lui arracha une grimace.

Puis il le chargea sur son dos.

Et commença à avancer.

Vite.

Très vite.

Le long du mur de la digue.

Là où la protection était la meilleure.

Pas après pas.

Mètre après mètre.

Le tunnel de décontamination paraissait encore très loin.

Les policiers, les sauveteurs et les badauds retenaient leur souffle.

Personne ne parlait plus.

Tout le monde regardait.

Puis la mer frappa.

Une vague immense.

Plus haute que les précédentes.

Elle explosa contre la jetée dans un grondement sourd.

Pendant une seconde, un mur d’eau sembla se dresser devant le soleil levant.

Puis il s’abattit.

Recouvrant entièrement Klèber et son chargement.

Un cri s’éleva près des barrières.

Même Mr Papon sentit son cœur se serrer.

Lorsque l’écume retomba enfin…

la silhouette était toujours debout.

Vacillante.

Mais debout.

Klèber ne s’arrêta pas.

Pas une seconde.

Il resserra sa prise.

Reprit son équilibre.

Et continua sa progression.

Toujours plus vite.

Toujours vers le tunnel.

Vers les secours.

Vers la sécurité.

Le vent hurlait désormais autour de lui.

La mer semblait vouloir reprendre ce qu’elle avait laissé passer.

Mais le jeune océanographe avançait encore.

Et derrière les barrières, pour la première fois depuis le début de l’intervention, M. Papon esquissa un léger air abasourdi, ne comprenant pas la situation.

Comment Kleber pouvait-il encore être en vie, ou peut-être était-il dans ses dernières minutes ?

### **Votre feuilleton, offert par [Titan-Informatique](https://titan-informatique.fr/) , Assistance aux particuliers et entreprises**

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## Un commentaire sur « #6 Carqueiranne 2046 – Se diriger vers le tunnel »

1. Ce feuilleton… franchement, un tunnel de décontamination sur le port de Carqueiranne. Bon c’est de la fiction, mais avec nos étés de plus en plus chauds et la mer qui chauffe, ça fait quand même réfléchir. Reste à savoir si Klèber s’en sort;-) [Répondre](#comment-3578)

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