Le padel continue de séduire partout en France, y compris dans le Var, mais son développement rapide s’accompagne aussi de pratiques de plus en plus contestées. Après les polémiques sur les nuisances sonores ou certaines installations construites sans autorisation, une nouvelle dérive jette le trouble : des joueurs paieraient leur partenaire pour grimper plus vite au classement.
Un système devenu rentable
Selon l’enquête publiée par Ouest-France, plusieurs joueurs de bon niveau monnayent leur présence dans des tournois dits « coachés ». Le principe est simple : un amateur ou un joueur moins bien classé s’associe à un partenaire plus fort, ce qui lui permet d’entrer dans des tableaux plus relevés et d’accumuler davantage de points.
Des témoignages évoquent des rémunérations de 200 à 400 euros par tournoi, parfois davantage selon les déplacements. Pour certains, c’est un complément de revenu dans un sport encore peu lucratif ; pour d’autres, c’est surtout un moyen d’afficher un classement flatteur sans réel niveau correspondant.
Une dérive qui interroge l’intégrité du sport
Cette pratique ne relève pas forcément de la corruption pénale au sens strict, mais elle alimente un malaise sur la sincérité des compétitions. La Fédération française de tennis rappelle de son côté qu’elle mène des actions de lutte contre la manipulation des compétitions et qu’elle encourage les signalements lorsqu’il existe des soupçons portant sur l’intégrité sportive.
Dans un sport où le classement conditionne l’accès aux tournois, aux têtes de série et à la reconnaissance locale, le phénomène pose une question simple : à quoi sert un classement s’il ne reflète plus fidèlement le niveau réel ?
Entre expansion et zones grises
Le padel connaît une croissance très rapide, et cette popularité crée aussi des failles. Plus le nombre de tournois augmente, plus les possibilités d’optimiser artificiellement son parcours se multiplient.
Pour les clubs, les ligues et les joueurs honnêtes, l’enjeu devient donc celui de la crédibilité. Car après les critiques sur le bruit, l’urbanisme ou certaines pratiques commerciales, c’est désormais la confiance dans la compétition elle-même qui se retrouve fragilisée.
L’essor du padel ne peut pas se faire durablement sans règles claires ni contrôle effectif. L’affaire révélée par Ouest-France montre qu’au-delà du simple loisir, ce sport doit désormais répondre à une exigence de transparence s’il veut préserver sa légitimité.

Excellent travail d’investigation ! Il est important de mettre en lumière ces pratiques pour préserver l’intégrité du sport et protéger les joueurs qui progressent honnêtement. Continuez ce journalisme courageux.