En Anatolie centrale, dans la plaine de Konya en Turquie, le site de Çatal Höyük intrigue encore les archéologues. Occupé dès 7560 av. J.-C., ce vaste ensemble néolithique est considéré comme l’une des plus anciennes agglomérations du monde. À son apogée, il s’étend sur environ 13 hectares et rassemble plusieurs milliers d’habitants.
Une organisation urbaine unique
Çatal Höyük se distingue d’abord par son architecture. Il n’y avait ni rues, ni portes donnant sur l’extérieur, ni fenêtres comme nous les connaissons aujourd’hui. Les maisons, accolées les unes aux autres, formaient un bloc compact. Les déplacements se faisaient par les toits, qui servaient à la fois d’espaces de circulation, de travail et de vie quotidienne. On entrait dans les habitations par une trappe au plafond, à l’aide d’une échelle.
Autre fait marquant : les habitations présentent des dimensions proches et peu de signes visibles de hiérarchie sociale. Les recherches indiquent aussi une alimentation largement comparable entre les habitants, ce qui nourrit l’idée d’une société relativement égalitaire.
Les morts au cœur des maisons
À Çatal Höyük, les ancêtres n’étaient pas séparés des vivants. Les défunts étaient souvent enterrés sous les plateformes ou les sols des maisons. Cette pratique témoigne d’un lien fort entre habitat, mémoire familiale et rituel. Des murs peints, des figurines et des aménagements symboliques ont également été mis au jour, révélant une vie spirituelle riche.
Un site fouillé depuis les années 1950
Découvert en 1951, le site a été fouillé une première fois entre 1961 et 1965 sous la direction de James Mellaart. Après une longue interruption, les recherches ont repris en 1993 avec Ian Hodder. Les datations au carbone 14 ont permis d’affiner la chronologie et de confirmer l’importance majeure du site dans l’histoire du Néolithique proche-oriental.
Une autre idée de la ville
Çatal Höyük montre que les premières formes de vie urbaine ne ressemblaient pas aux villes actuelles. Sans rues, sans palais ni monuments de pouvoir clairement identifiés, cette agglomération suggère qu’une vie collective dense a pu se développer sur d’autres bases, plus domestiques, communautaires et symboliques.
