Dans la nuit du 6 au 7 décembre 1922, un basculement historique redessine les relations entre Londres et Dublin. L’entrée en vigueur du traité anglo-irlandais entraîne la création de l’État libre d’Irlande, dominion autonome de l’Empire britannique, sur le modèle du Canada. Le texte s’applique d’abord à l’ensemble de l’île, avant que la partition ne soit confirmée dès le lendemain.
Une indépendance incomplète
Signé le 6 décembre 1921 après la guerre d’indépendance irlandaise, le traité de Londres prévoit la naissance d’un nouvel État composé de la majeure partie de l’île. Cet État libre d’Irlande reste toutefois lié à la Couronne britannique, avec un statut de dominion et un gouverneur général représentant le souverain. L’indépendance est donc réelle sur le plan institutionnel, mais encore limitée dans sa portée symbolique et constitutionnelle.
Le retrait immédiat du Nord
Le dispositif prévu par le traité laisse à l’Irlande du Nord la possibilité de se retirer du nouvel ensemble. C’est ce qu’elle fait le 7 décembre 1922, au lendemain même de la naissance de l’État libre. Les six comtés nord-irlandais demeurent ainsi dans le Royaume-Uni, entérinant durablement la partition de l’île.
1937 n’est pas encore la république
Autre étape souvent mal comprise : 1937 ne correspond pas à la proclamation formelle de la République d’Irlande. Cette année-là, une nouvelle Constitution rebaptise l’État « Irlande » ou « Éire » et renforce sa souveraineté politique. Mais ce n’est qu’en 1949 que l’État est officiellement déclaré république.
En 1922, c’est donc bien l’État libre d’Irlande qui naît, tandis que l’Irlande du Nord choisit aussitôt de rester britannique. Le nom actuel du Royaume-Uni n’apparaît qu’en 1927, et la République d’Irlande, au sens plein du terme, relève de 1949 plutôt que de 1937.
