Lundi matin, l’animateur vedette de CNews, Pascal Praud, a relayé en direct à l’antenne une fausse couverture du magazine Closer, sans effectuer la moindre vérification préalable. Cette image était entièrement générée par intelligence artificielle. La photographie montrait la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, et l’ancienne ministre de l’Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, toutes deux vêtues d’une veste et d’un pantalon en jean, avec le titre « Pour elles, ce n’est pas la crise ».
Un incident qui soulève des questions sur la responsabilité médiatique
Affichée à l’écran, cette fausse Une a été commentée pendant plusieurs minutes par l’animateur, qui affirmait avec certitude : « Bien sûr que c’est une vraie Une ». Pascal Praud n’a rectifié que quelques minutes après, précisant à l’antenne que l’image était effectivement générée par IA. Il a également présenté ses excuses par trois messages distincts – une première rectification en direct, puis deux autres mea culpa sur les réseaux sociaux.
La riposte de Yaël Braun-Pivet face à la désinformation
De son côté, la présidente de l’Assemblée nationale n’a pas laissé l’incident sans conséquence. Elle a saisi lundi soir l’Arcom, l’autorité de régulation de l’audiovisuel français, afin que cet événement soit officiellement examiné. Dans son message sur X, elle a dénoncé cette diffusion sans vérification et rappelé que « face à la désinformation, nous sommes tous responsables, les médias en première ligne ». Elle a insisté sur un principe fondamental : « Informer, ce n’est pas que relayer. Informer, c’est vérifier ».
Vers une plus grande vigilance dans les salles de rédaction
Cet incident met en lumière les défis croissants que pose l’intelligence artificielle dans le paysage médiatique actuel. Avec la prolifération d’outils capables de générer des images photoréalistes, les journalistes et producteurs télévisés doivent renforcer leurs protocoles de vérification. La diffusion de cette fausse Une souligne l’importance d’une vigilance accrue avant de présenter au public des contenus susceptibles d’induire en erreur, particulièrement lorsqu’ils concernent des personnalités politiques.
