Liberté de la presse : le classement RSF 2026 alarme

Le nouveau Classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières confirme un basculement inquiétant. Pour la première fois en 25 ans, plus de la moitié des pays étudiés sont classés en situation « difficile » ou « très grave », tandis que le score moyen mondial atteint son niveau le plus bas depuis la création de l’indice.

Cette édition 2026 ne met pas seulement en lumière les violences contre les journalistes. Elle montre aussi une transformation plus profonde : dans de nombreux pays, le droit d’informer est fragilisé par des lois de plus en plus restrictives, souvent justifiées par la sécurité nationale.

Le cadre légal se durcit

RSF souligne que l’indicateur légal est celui qui recule le plus cette année, signe d’une criminalisation croissante du journalisme. L’organisation explique que plus de 60% des pays ont vu ce score se dégrader entre 2025 et 2026, preuve d’un usage accru de lois d’exception, de procédures judiciaires et de dispositifs anti presse.

Cette tendance touche aussi des pays démocratiques. La France apparaît au 25e rang du classement 2025 consultable sur RSF, mais le site souligne déjà l’existence d’entraves juridiques dans des États pourtant relativement bien classés.

Les Amériques sous tension

Sur le continent américain, la dégradation est particulièrement visible. Les États-Unis figurent au 64e rang selon RSF en 2026 et perdent sept places, sur fond d’hostilité politique envers les médias et d’atteintes au travail journalistique.

La Norvège reste en tête du classement pour la dixième année consécutive, tandis que l’Érythrée demeure dernière depuis trois ans. Parmi les évolutions marquantes, RSF met aussi en avant la remontée spectaculaire de la Syrie, passée de la 177e à la 141e place.

Conclusion

Au-delà des chiffres, le rapport 2026 pose une question politique centrale : jusqu’où les démocraties accepteront-elles l’érosion du droit à l’information ? Pour les médias locaux comme pour les rédactions internationales, ce recul rappelle que la liberté de la presse reste un acquis fragile, jamais définitivement garanti.

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