Plusieurs centaines de cheminots se sont rassemblés lundi 28 avril devant le siège de la SNCF, à Saint-Denis. Ils ont dénoncé une dégradation profonde de leurs conditions de travail, après une nouvelle série de drames. Depuis janvier, douze agents se sont donné la mort, selon Sud-Rail.
Depuis plusieurs années, l’entreprise ferroviaire se transformait sous l’effet de l’ouverture à la concurrence. Réorganisations, transferts vers des filiales et suppression de postes bouleversaient déjà le quotidien des salariés. La pression s’installait durablement.
Les syndicats alertent sur une intensification du travail. Ils évoquent une perte de sens, une montée de l’agressivité des usagers et un management jugé trop brutal. Dans plusieurs régions, des expertises indépendantes ont relevé des troubles du sommeil, une démotivation persistante et des risques psychosociaux élevés.
En parallèle, les accidents du travail ont continué d’augmenter. Selon les organisations syndicales, leur nombre a progressé de près de 16 % en 2025. Cette hausse nourrit une inquiétude grandissante.
La direction reconnaît des situations de souffrance. Elle a lancé plusieurs dispositifs de prévention, dont un observatoire de la transformation et un programme d’accompagnement psychologique. Toutefois, les syndicats réclament un moratoire sur les réorganisations.
Désormais, le dialogue semble rompu. Une mobilisation nationale, voire une grève, pourrait intervenir dès le mois de juin. La question dépasse le seul cadre social : elle interroge l’avenir du service public ferroviaire. La suite sur reporterre.net
