L’offensive d’avril au Mali : un tournant dans la crise sécuritaire

Le samedi 25 avril 2026, le Mali a été frappé par une série d’attaques aux coordonnées sans précédent depuis la prise du pouvoir par la junte. Au moins 23 personnes, civils et militaires, ont été tuées lors des violences à Kati, une ville-garnison stratégique située à environ 15 kilomètres de Bamako. Cette offensive conjointe entre les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affiliés à Al-Qaïda, et les rebelles indépendantistes touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA) marque une escalade majeure du conflit malien.

L’attaque de Kati et ses conséquences

L’assaut a débuté peu avant l’aube, vers 5h20 du matin, lorsqu’un véhicule piégé conduit par un kamikaze a explosé près de la résidence du ministre de la Défense, le général Sadio Camara. Cette attaque a entraîné la mort du ministre lui-même, un coup porté au sommet de la hiérarchie militaire qui démontre l’ampleur de la crise. Au-delà de Kati, plusieurs autres villes ont été ciblées simultanément, notamment Gao et Kidal au nord, ainsi que Sévaré et Mopti au centre du pays, créant ainsi une offensive échelonnée sur l’ensemble du territoire malien.

Une situation précaire et des enjeux géopolitiques

L’offensive a permis aux rebelles touareg de reprendre le contrôle de Kidal, une ville-clé du nord, perdue depuis novembre 2023 face à l’armée malienne soutenue par le groupe paramilitaire russe Wagner. L’armée malienne a également abandonné certaines positions dans la région de Gao, selon des sources locales. Cette avancée des forces rebelles et djihadistes fragilise le pari sécuritaire de la junte, dirigé par le général Assimi Goïta, basé jusqu’à présent sur l’appui russe. Le GSIM a même proposé à la Russie une trêve, offrant de ne pas cibler les forces russes en échange de la neutralité de Moscou dans le conflit.

Un contexte régional instable

Cette offensive intervient dans un contexte de crise sécuritaire chronique au Mali, où djihadistes et groupes séparatistes opèrent depuis plus d’une décennie. L’attaque d’avril 2026 représente le plus grand assaut coordonné depuis le mois de septembre 2024, lorsque le GSIM avait revendiqué une double attaque ayant fait plus de 70 morts à Bamako et à l’école de gendarmerie. La junte malienne, arrivée au pouvoir en 2020, fait face à des défis sécuritaires croissants, avec une capacité de riposte affaiblie par l’ampleur inédite de cette offensive conjointe.

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