Dans l’ombre des ruches provençales, une coutume ancestrale refait surface : l’annonce aux abeilles. Cette pratique, née de superstitions populaires, consistait à informer les abeilles des grands événements familiaux – naissances, mariages, deuils – pour éviter leur colère supposée, comme une pénurie de miel ou leur fuite. Pratiquée au Royaume-Uni, en Europe du Nord, en France et en Suisse, elle perdure discrètement chez certains apiculteurs varois attachés aux rites ruraux.
Origines et rituels européens
L’annonce aux abeilles remonte à des siècles, documentée dès le XIXe siècle dans des poèmes anglo-saxons et des ouvrages folkloriques. En cas de décès, un proche drapait la ruche d’un tissu noir, frappait doucement dessus et murmurait la nouvelle à voix basse, parfois en chantonnant un air lugubre. En France, on enterrait un vêtement du défunt sous la ruche, et il était tabou de vendre les abeilles, sous peine de malédictions.
L’exemple royal illustre sa vitalité : en 2022, l’apiculteur John Chapple a averti les sept ruches de Buckingham Palace de la mort d’Elizabeth II et de l’avènement de Charles III, attachant des rubans noirs pour les « mettre en deuil ».
Lien avec l’apiculture varoise
Dans le Var, berceau d’une apiculture florissante grâce à la lavande et au romarin, cette tradition s’inscrit dans un savoir-faire provençal séculaire. Des associations comme Var Apiloisir ou Apivet83 perpétuent l’apiculture familiale, évoquant parfois ces rites dans leurs échanges. À Roquebrune-sur-Argens ou Hyères, les apiculteurs locaux, face aux défis environnementaux, valorisent ces coutumes pour sensibiliser à la protection des abeilles, piliers de la biodiversité méditerranéenne. Source
