L’Agence météorologique japonaise (JMA) a annoncé le 17 avril 2026 la création du terme « kokusho-bi« , traduit par « journée cruellement chaude« , pour désigner les jours où les températures atteignent ou dépassent 40°C. Cette initiative vise à mieux sensibiliser la population face à des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, dans un contexte de réchauffement climatique. Alors que le Var connaît lui aussi des étés torrides, cette mesure japonaise pourrait inspirer nos autorités locales.
Origine et adoption du terme « kokusho-bi »
La JMA a lancé une vaste consultation publique auprès de 478 000 personnes pour choisir ce nouveau vocabulaire. Parmi les propositions, « cruellement chaud » a été plébiscité, devançant des options comme « journée super férocement chaude » (cho-mosho-bi), « journée sauna » ou « journée bouillante ». Ce choix reflète l’urgence de communiquer efficacement sur les dangers d’une chaleur extrême, qui dépasse désormais régulièrement les 40°C dans l’archipel.
Cette nomenclature complète l’échelle existante : « journée d’été » pour ≥25°C, « journée de plein été » pour ≥30°C et « journée de chaleur extrême » pour ≥35°C. En introduisant « kokusho-bi », la JMA espère inciter à une vigilance accrue, évitant ainsi coups de chaleur et autres risques sanitaires.
Contexte des canicules japonaises récentes
Le Japon fait face à des étés de plus en plus intenses. L’été 2025 a été le plus chaud jamais enregistré depuis 1989, avec des records comme 41,8°C à Isesaki (préfecture de Gunma) le 5 août, ou 41,2°C à Tamba (Hyogo) fin juillet. Tokyo a connu 10 jours consécutifs à ≥35°C, un record absolu.
Ces phénomènes s’expliquent par des systèmes de haute pression, un air chaud venant du sud et l’effet du changement climatique. En 2018 déjà, des villes comme Kyoto (39,8°C) et Nagoya (40,3°C) avaient battu des records, mais la fréquence augmente. La nuit, les températures restent souvent au-dessus de 30°C, qualifiées de « nuits tropicales » (nettaiya).
Leçons pour le Var et la Provence
Si le Japon innove dans le vocabulaire météo, le Var n’est pas en reste face à la canicule. Nos étés méditerranéens voient régulièrement des pics à 40°C, comme en 2023 ou 2024, avec des alertes rouges de Météo-France. Hyères, Toulon ou Draguignan subissent des nuits chaudes et une humidité oppressante, augmentant les risques pour les seniors et les travailleurs extérieure.
Cette approche japonaise pourrait inspirer le département : un terme choc comme « journée infernale » pour ≥40°C rendrait les alertes plus percutantes. Les citoyens du Var, habitués aux Santa Ana ou au sirocco, méritent une communication claire pour adopter des gestes simples – hydratation, ombre, climatisation. Les municipalités pourraient s’en inspirer pour des campagnes locales, en lien avec le Plan Canicule varois.
Par ailleurs, le réchauffement global touche tout le bassin méditerranéen. Des études prévoient +2°C d’ici 2050 dans la région PACA, rendant les « kokusho-bi » potentiellement quotidiens. Associer cette actualité japonaise à nos enjeux locaux renforce la prise de conscience : agir sur l’urbanisme vert, les forêts et les énergies renouvelables est crucial.
Vers une adaptation collective
L’introduction de « kokusho-bi » marque un tournant dans la communication climatique au Japon. Elle rappelle que le langage façonne nos comportements face aux crises. Dans le Var, où le tourisme et l’agriculture dépendent d’un climat doux, adopter des mesures proactives – comme des « îlots de fraîcheur » dans les villes – est essentiel.
