Après cinq jours de lutte contre ses blessures, le caporal-chef Anicet Girardin n’a pas survécu. Ce mercredi 22 avril, cet officier du 132e régiment d’infanterie cynotechnique de Suippes s’est éteint à l’hôpital, des suites des blessures reçues lors de l’embuscade du 17 avril au sud du Liban. Son décès marque un tournant grave dans le conflit qui oppose les forces onusiennes aux combattants du Hezbollah.
Une embuscade meurtrière au sud du Liban
C’est samedi dernier, le 17 avril, qu’une embuscade attribuée au Hezbollah a visé un convoi de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban) en zone de déploiement. Cet engagement armé a d’abord fait un mort immédiat, l’adjudant Florian Montorio, et trois autres militaires français blessés, dont le caporal-chef Girardin, gravement touché. Transportés en urgence pour recevoir des soins, ils ont fait l’objet d’une prise en charge médicale exemplaire sur place selon les sources officielles.
Le caporal-chef Girardin, âgé de 31 ans, s’était porté au secours de ses camarades lors de cette attaque. Malgré les interventions des services de santé militaires, ses blessures se sont avérées trop graves. Rapatrié mardi par un avion militaire médicalisé, le militaire n’a pu résister à ses traumatismes.
La responsabilité du Hezbollah confirmée
Emmanuel Macron a sans détour désigné le Hezbollah comme responsable de cette attaque. « Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah », a déclaré le président français, qui a exigé des autorités libanaises qu’elles « arrêtent immédiatement les coupables ». La Finul elle-même a qualifié l’attaque de « délibérée » et a identifié le Hezbollah comme probable auteur.
Cette agression contre les Casques bleus s’inscrit dans une série d’incidents qui fragilisent la présence onusienne au Liban. Composée de 8.200 militaires de 47 nations, avec plus de 600 Français, la Finul est régulièrement visée par des attaques.
Un soldatspécialiste de la cynotechnie
Le caporal-chef Girardin était « maître-chien » au sein du 132e régiment d’infanterie cynotechnique. Ce régiment, implanté à Suippes en Marne depuis sa création en 1794, est l’unique formation française spécialisée en cynotechnie militaire. Il forme des binômes homme-chien pour la détection d’explosifs, la recherche de munitions et d’adversaires lors d’opérations nationales et internationales. Son engagement au Liban correspondait à cette mission d’appui spécialisé auprès des forces de maintien de la paix.
Hommage national et solidarité avec les familles
« Il est mort pour la France », a solennellement déclaré Emmanuel Macron mercredi matin. Le chef de l’État a annoncé qu’une cérémonie d’hommage rendra demain les respects de la Nation aux militaires français tombés au Liban. Macron a adressé « sa profonde compassion » aux proches du caporal-chef Girardin et à ceux des autres blessés de cette embuscade.
Ce décès intervient quelques jours seulement après celui de l’adjudant Florian Montorio, tombé lors du même engagement. Deux soldats français, deux familles endeuillées, et une France qui réaffirme son engagement face aux menaces pesant sur ses forces engagées pour la paix internationale.
