Le pergélisol russe menace-t-il le climat ?

Le pergélisol inquiète parce que son dégel peut accélérer le réchauffement climatique, tout en fragilisant les sols, les infrastructures et les écosystèmes arctiques. Les recherches récentes confirment qu’il stocke d’immenses quantités de carbone et qu’en fondant, il peut relâcher du CO2 et du méthane, deux gaz à effet de serre majeurs.

Ce qu’est le pergélisol

Le pergélisol, ou permafrost, désigne un sol gelé durablement, très présent dans l’hémisphère nord, où il couvre environ un quart des terres émergées. En Russie, notamment en Sibérie et dans l’Arctique russe, son importance est particulière, ce qui explique l’attention portée à ses évolutions dans un contexte de hausse des températures.

Pourquoi son dégel alarme

Lorsque le pergélisol dégèle, des matières organiques jusque-là piégées sont exposées à l’air et à l’activité microbienne, ce qui entraîne des émissions de CO2 et de CH4. Ce mécanisme nourrit une boucle de rétroaction : plus il fait chaud, plus le pergélisol fond, et plus il libère de gaz qui renforcent encore le réchauffement.

Le rôle du méthane

L’UNESCO rapporte qu’une partie des gaz libérés par le permafrost est du méthane, et rappelle que son pouvoir de réchauffement peut être environ 80 fois plus fort que celui du CO2 sur de courtes périodes. D’autres travaux relayés en 2024 montrent aussi que certains pergélisols riches en yedoma peuvent émettre des quantités de méthane bien plus élevées qu’attendu.

Les autres conséquences

Le dégel ne menace pas seulement le climat. Il provoque aussi l’affaissement des terrains, la formation de lacs, des glissements de terrain et des dégâts sur les routes, pistes et bâtiments construits sur des sols autrefois stables. En Sibérie, des études indiquent en outre que le dégel saisonnier pourrait encore s’intensifier d’ici 2100, avec des effets sur les flux d’eau et la stabilité des sols.

Sur l’idée de “bombe à retardement”

L’expression n’est pas seulement journalistique : elle est reprise dans plusieurs publications de vulgarisation et de presse pour décrire le risque d’un emballement progressif ou d’un franchissement de seuils critiques. En revanche, les scientifiques soulignent surtout une dynamique complexe, encore étudiée, plutôt qu’une date précise à partir de laquelle la planète basculerait soudainement “en fournaise”. Source

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