Un danger discret réapparaît dans les caves et sous-sols, alors que les pellets restent associés au seul chauffage domestique. L’Anses alerte en effet sur un risque d’intoxication au monoxyde de carbone, puisque des granulés de bois stockés peuvent émettre ce gaz sans aucune combustion.
Ce signal sanitaire prend corps, parce qu’un homme de 87 ans a été intoxiqué après un stockage de granulés en sous-sol, tandis que le monoxyde de carbone reste un toxique mortel, inodore et difficile à détecter sans appareil adapté. Or ce risque demeure peu connu, bien qu’il concerne les particuliers qui entreposent des sacs ou remplissent un local fermé avant l’hiver.
Un gaz émis sans flamme
Les granulés de bois continuent d’évoluer après leur fabrication, si bien qu’une oxydation lente de composés du bois peut libérer du monoxyde de carbone lors du stockage. Le phénomène s’aggrave lorsque l’espace est mal ventilé, humide ou chargé en grande quantité, conditions qui favorisent l’accumulation du gaz dans un volume clos.
Cette situation inquiète les secours et les agences sanitaires, car une personne peut entrer dans un local de stockage sans percevoir le danger. En France, le ministère de la Santé rappelle d’ailleurs que le monoxyde de carbone constitue la première cause de mortalité accidentelle par toxique, avec une centaine de décès en moyenne chaque année.
Pourquoi le sous-sol expose davantage
Le sous-sol concentre le risque, parce qu’il cumule souvent confinement, absence d’ouverture directe et circulation d’air limitée. Si le local n’est ni ventilé vers l’extérieur ni isolé du reste du logement, le gaz peut migrer dans l’habitation et exposer d’autres occupants.
Un retour d’expérience des secours évoque ainsi une mesure de 700 ppm dans un local de stockage, ce qui montre qu’une accumulation importante peut survenir lorsque de grandes quantités de pellets restent entreposées dans un espace fermé. De plus, plusieurs décès ont déjà été recensés ces dernières années dans des lieux d’entreposage de granulés, y compris chez des particuliers.
Les précautions à rappeler
Le stockage doit se faire dans un espace ventilé, séparé des pièces de vie, puisque l’accumulation de pellets en cave ou en sous-sol fermé augmente le risque. Il faut aussi éviter d’entrer seul dans un local suspect, surtout si des maux de tête, des vertiges ou des nausées apparaissent après l’ouverture.
L’installation d’un détecteur de monoxyde de carbone près des zones à risque peut aider à repérer une situation anormale, alors que le gaz demeure invisible et inodore.
Les lecteurs peuvent partager en commentaires leurs pratiques de stockage, afin d’éclairer un risque encore trop mal identifié.
