Le débat s’installe, tandis que France 2 défend son choix éditorial, mais Léa Salamé reconnaît désormais un manque d’accompagnement autour de l’interview de Sergueï Lavrov. Le 20 Heures n’apparaît donc pas désorganisé au sens technique, même si son dispositif éditorial a montré ses limites, puisque la présentatrice regrette l’absence de reportages et d’un spécialiste en plateau.
Ce que dit Léa Salamé
Léa Salamé a déclaré mardi 14 avril regretter que l’entretien diffusé le 26 mars n’ait pas été « accompagnée » par des reportages et un spécialiste en plateau. Cette prise de parole marque un infléchissement, car elle ne conteste pas le principe de l’interview, mais elle admet que son encadrement aurait dû être plus solide.
Pourquoi la polémique enfle
L’entretien de Sergueï Lavrov, enregistré à distance depuis Moscou, a été diffusé environ dix minutes dans le 20 Heures de France 2, tandis qu’une version longue d’une heure a été mise en ligne sur franceinfo.fr. La séquence a aussitôt suscité de fortes critiques, venues notamment du gouvernement français et de responsables ukrainiens, qui ont accusé la chaîne d’avoir laissé le ministre russe dérouler sa propagande en plein contexte de guerre et de G7.
La défense de France Télévisions
Philippe Corbé, directeur de l’information de France Télévisions, soutient que l’interview n’était « absolument pas complaisante » et rappelle qu’« interroger quelqu’un, ce n’est pas lui offrir une tribune ». Il affirme aussi que Léa Salamé a confronté Sergueï Lavrov sur le droit international, l’Ukraine, l’Iran et les relations diplomatiques entre Paris et Moscou.
Ce que révèle l’épisode
Le problème soulevé par cette séquence tient moins à l’existence de l’interview qu’à son habillage éditorial, puisque plusieurs observateurs estiment qu’une parole politique rompue à la propagande exige un contrechamp immédiat. Autrement dit, le journal semblait organisé pour obtenir une exclusivité, mais il l’était moins pour neutraliser, au même moment, les effets d’un discours très maîtrisé.
Angle journalistique
Pour un lecteur, la bonne question n’est donc pas seulement « le 20 Heures est-il bien organisé ? », mais plutôt « un JT peut-il diffuser une interview sensible sans dispositif critique renforcé ? ». Dans cette affaire, l’organisation éditoriale de France 2 apparaît contestable, non parce que l’entretien aurait été illégitime, mais parce que son contexte n’a pas été assez explicité à l’antenne.
