Shell avance dans des discussions avec le Venezuela pour développer quatre zones gaziers offshore proches de Trinité-et-Tobago, alors que le géant pétrolier britannique signe des accords préliminaires depuis mars.
Shell poursuit depuis des années le gisement Dragon, qui contient 4 200 milliards de pieds cubes de gaz dans les eaux vénézuéliennes, bien que des sanctions américaines aient ralenti les avancées jusqu’aux licences récentes accordées en février. Le projet Mariscal Sucre, incluant Dragon, Rio Caribe, Patao et Mejillones pour 12 tcf (trillion cubic feet), attire l’intérêt car ces zones restent largement inexploitées, tandis que la zone Loran (7,3 tcf) s’étend transfrontalier vers Trinité-et-Tobago. En mars, les dirigeants de Shell ont rencontré à Caracas l’administration de Delcy Rodriguez, présidente par intérim depuis la capture de Nicolás Maduro, pour formaliser des intentions sur Dragon et des gisements terrestres comme Carito et Pirital.
Détails des négociations actuelles
Shell négocie l’accès à ces gisements majeurs, car le gaz extrait alimentera l’usine Atlantic LNG en Trinité-et-Tobago où la major détient 45%, laquelle sous-performe faute d’approvisionnement suffisant depuis 2022. Le PDG Wael Sawan a indiqué lors de la CERAWeek (conférence annuelle du secteur de l’énergie) à Houston que Shell pourrait approuver deux projets vénézuéliens fin 2026 si les conditions fiscales et juridiques s’améliorent, orientés prioritairement vers le GNL exportable. Trinidad-et-Tobago pousse ces développements, puisque les gisements se situent à seulement six milles de ses côtes, favorisant ainsi une exportation rapide vers ses infrastructures.
Shell signe ces accords parce que le Venezuela réforme sa loi sur les hydrocarbures en janvier pour ouvrir le secteur au privé sous pression américaine, attirant ainsi des investissements étrangers malgré les intérêts russes dans certaines zones. Les premières exportations de gaz de Dragon vers Trinité-et-Tobago pourraient démarrer dès le troisième trimestre 2027, boostant la production régionale de GNL.
Shell cible ces zones stratégiques, car elles complètent son projet Dragon et renforcent sa position en Amérique latine face à la demande mondiale en gaz liquéfié.
Impacts régionaux et perspectives
Ces pourparlers marquent un tournant pour le Venezuela, qui exploite peu ses réserves offshore de 20 tcf combinées, pendant que Shell sécurise des approvisionnements pour Atlantic LNG limitée à 9 millions de tonnes en 2025 contre 12 millions de capacité. Le ministre trinitarien Roodal Moonilal confirme que les accords de mars ouvrent la voie à Dragon, tandis que Shell collabore avec Vepica, KBR et Baker Hughes pour l’exploration et le contenu local.
Sous Delcy Rodríguez, Shell étend son influence dans le secteur gazier vénézuélien. Si les obstacles actuels sont levés, le groupe pourrait finaliser ses investissements d’ici fin 2026, transformant ainsi des réserves inexploitées en exportations rentables de gaz naturel liquéfié (GNL).
