Ce lundi 30 mars 2026, la cour d’assises de Paris accueille le procès d’Athanor, une ancienne loge maçonnique des Hauts‑de‑Seine, à laquelle appartiennent vingt‑deux hommes accusés de tentatives de meurtre, violences aggravées et association de malfaiteurs en bande organisée. Les débats, qui s’étaleront jusqu’au 17 juillet, dessinent le portrait d’un réseau criminel mêlant francs‑maçons, anciens militaires de la DGSE et chefs d’entreprise, pour des « contrats » allant de l’intimidation violente au meurtre.
Les racines d’une officine barbouze
L’enquête, ouverte fin juillet 2020 après l’arrestation de deux militaires de la DGSE à Créteil, a révélé l’existence d’une officine criminelle présumée forte de plusieurs dizaines d’actes, dont un assassinat, autour de la loge Athanor, basée à Puteaux et rattachée à la Grande Loge Alliance Maçonnique Française (GLAMF). Les suspects, nés entre 1952 et 1996, se sont connus dans la franc‑maçonnerie avant d’en faire un relais pour des missions « chaudes », souvent justifiées par des conflits personnels ou des enjeux financiers.
Crimes sur commande et cibles variées
Entre 2016 et 2020, plusieurs personnalités ont été prises pour cibles, parmi lesquelles une figure du coaching en entreprise, un pilote de rallye et un syndicaliste, sans lien apparent entre elles. Le plus retentissant est sans doute le cas de Laurent Pasquali, pilote de rallye corse dont le corps, enterré dans un bois d’Haute‑Loire, a été découvert neuf mois après sa disparition, après un projet d’enlèvement et d’assassinat confié à la cellule criminelle.
Rôle de l’ancien agent de la DGSE
Parmi les prévenus figure un ancien agent de la DGSE, soupçonné de s’être fait passer pour un « barbouze » de l’État afin de crédibiliser les missions confiées à la cellule. Reconverti dans la sécurité privée, il reconnaît avoir fourni des équipements techniques, notamment une balise géolocalisable, tout en niant avoir été au courant de projets de meurtre, des déclarations qui restent au cœur des auditions des assises.
Du procès à la confiance publique
Ce procès‑fleuve, qui met en lumière la dérive d’un réseau secrètement implanté dans le monde des loges et des services de renseignement, a relancé les débats sur la surveillance des circulations entre franc‑maçonnerie, sécurité privée et institutions d’État. Les assises de Paris doivent, d’ici l’été, trancher sur la réalité de ce réseau criminel et sur la responsabilité de chacun des vingt‑deux accusés, afin de clarifier les contours de cette officine barbouze. Source 1 Source 2 Source 3
