Carte scolaire, 4 000 postes supprimés : pourquoi la grève des enseignants ce mardi ?

Depuis la mi‑février, les écoles et collèges français s’enflamment autour d’une promesse de budget qui sonne plutôt comme un coup de rabot : plus de 4 000 postes d’enseignants destinés à disparaître à la rentrée 2026. Ce mardi, les syndicats de l’Éducation nationale appellent à une grève nationale pour dire stop à ces suppressions, mais aussi pour exiger des revalorisations salariales et des moyens réels pour le service public d’éducation.

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Contexte de la mobilisation

À l’origine de ce mouvement, deux décisions lourdes : un budget 2026 voté sous pression, avec recours à l’article 49‑3, et une carte scolaire qui prévoit la fermeture de nombreuses classes dans le premier comme dans le second degré. Les syndicats soulignent que ces coupes s’inscrivent dans un paysage déjà tendu, les établissements peinant à recruter et à maintenir un encadrement suffisant au vu de la charge de travail. Depuis la présentation des chiffres, plusieurs mobilisations locales ont déjà eu lieu, tant devant les rectorats que dans les rues de grandes villes.

Carte scolaire et 4 000 postes supprimés

La carte scolaire 2026, qui fixe le nombre de classes et de postes par académie, repose officiellement sur une baisse démographique annoncée par le gouvernement. En réalité, elle implique environ 4 000 suppressions de postes d’enseignants, dont plus de 1 800 dans le premier degré public et plus de 1 300 dans le second degré, auxquels s’ajoutent des postes en privé sous contrat. Les organisations syndicales récusent ce raisonnement, en expliquant que la baisse d’effectifs ne doit pas servir à économiser, mais à alléger les classes et à renforcer les équipes éducatives.

Ce que les enseignants reprochent au gouvernement

Les syndicats dénoncent un budget 2026 qui ne prévoit aucune revalorisation réelle des salaires, alors que les personnels sont déjà en dessous des moyens interministériels. Ils pointent aussi l’absence de plan pluriannuel créant des postes, alors même que les AESH, AED, CPE et infirmières scolaires sont déjà sous‑tension et que les pôles d’accueil scolaire imposés n’ont guère de moyens. Enfin, les personnels soulignent un manque criant de considération pour leur santé au travail, avec des documents d’évaluation des risques souvent laissés sans réponse.

Ce qui est prévu ce mardi

Le 31 mars s’inscrit dans une semaine de mobilisation qui s’étale du 30 mars au 3 avril, avec rassemblements, débrayages et actions locales. Les syndicats de l’Éducation nationale (FSU, UNSA, CFDT, CGT, SUD) appellent à rejoindre la grève du 31 mars pour peser sur le gouvernement et sur les parlementaires, afin de rétablir des postes et de négocier des mesures de revalorisation. Les prévisions de participation restent incertaines, mais les appels à la grève concernent l’ensemble des personnels, de l’école maternelle à l’université.

À quoi faut‑il s’attendre

Sur le terrain, les familles peuvent anticiper des perturbations plus ou moins marquées, selon les établissements et les académies. Les autorités scolaires préviennent que le taux de grévistes ne sera comptabilisé que le lendemain, ce qui rend les premières heures de la journée particulièrement incertaines. Au‑delà des conséquences immédiates, ce mouvement doit être lu comme une tentative de faire basculer le débat sur le « prix » réel de la baisse d’effectifs : moins de professeurs, classes plus pleines, projets pédagogiques amputés.

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