Depuis les premières semaines de 2026, le Sri Lanka traverse une nouvelle crise énergétique, aggravée par la guerre au Moyen‑Orient et la dépendance quasi totale du pays à l’importation de pétrole et de charbon pour ses besoins électriques et de transport. À Colombo comme dans les provinces rurales, des mesures autoritaires de sobriété – journée fériée supplémentaire, réduction de la climatisation, éteinte des éclairages publics – visent à éviter un effondrement complet du réseau.
Contexte historique et fragilité du système
Le Sri Lanka, île de 22 millions d’habitants, importe la quasi totalité de ses hydrocarbures et dépend fortement de ses centrales thermiques au charbon et au diesel, complétées par une hydraulique sensible aux aléas climatiques. Après la crise de 2022, où le pays avait connu des coupures d’électricité de 10 à 13 heures par jour faute de devises pour acheter du fioul, les réformes promises ont été partiellement mises en œuvre, laissant le système vulnérable à un nouveau choc externe.
Nouvelles mesures de rationnement en 2026
Alors que les tensions autour du golfe Persique perturbent les flux pétroliers, le gouvernement a instauré une semaine de travail de quatre jours et déclaré un jour férié hebdomadaire chaque mercredi pour limiter la consommation de carburant. Un système de rationnement via un « National Fuel Pass » encadre déjà l’accès au pétrole, tandis que les administrations reçoivent l’ordre de réduire la climatisation et que les éclairages publics sont progressivement éteints.
La baisse brutale de la disponibilité énergétique menace les secteurs clés, du tourisme aux transports en commun, et pèse sur les entreprises déjà fragilisées par la crise précédente. Les ménages, habitués à la climatisation et aux véhicules motorisés, voient leurs conditions de vie se dégrader, tandis que les restaurateurs et commerçants à l’enseigne lumineuse doivent se résoudre à fermer plus tôt.
Pistes de sortie de crise
Pour réduire sa dépendance, le Sri Lanka cherche à accélérer son développement d’énergies renouvelables, notamment solaire et éolien, et à restructurer la dette et la gestion publique de l’électricité. Toutefois, sans stabilité géopolitique durable et sans injections de financements internationaux, l’île risque de rester exposée à des chocs récurrents sur les marchés énergétiques mondiaux.
Le Sri Lanka subit aujourd’hui une crise énergétique qui rappelle celle de 2022, mais amplifiée par les tensions au Moyen‑Orient et la persistance d’un modèle économique fragile ; les pénuries et les gestes de sobriété imposés par le gouvernement redessinent la vie quotidienne de la population.
