La Chine menace désormais d’ouvrir la voie à de nouveaux droits de douane sur les vins français, dans un contexte où la France et l’Union européenne envisagent des surtaxes sur les produits chinois. Après avoir été confrontés aux États‑Unis, les viticulteurs français pourraient donc se retrouver pris en tenaille entre deux marchés stratégiques affectés par des barrières commerciales.
Une menace indirecte mais ciblée
Pékin a indiqué qu’elle pourrait lancer des enquêtes sur les vins français ou imposer des « droits de douane réciproques » sur certains produits européens, si Paris pousse Bruxelles à adopter des droits de 30% sur les importations chinoises. Cette mise en garde découle d’un compte de médias sociaux affilié à CCTV, qui juge les recommandations du Haut‑Commissariat français à la Stratégie et au Plan incompatibles avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce. Les autorités françaises n’ont pas encore transformé ces recommandations en politique officielle, mais la réaction chinoise traduit déjà une forte tension.
Un contexte de guerre commerciale latente
Les autorités chinoises présentent ces recommandations comme une forme de « guerre commerciale » contre la Chine, alors que la France et l’UE invoquent des importations chinoises à bas coûts qui pénalisent la production européenne. L’année précédente, la Chine a déjà utilisé des droits de douane sur le brandy européen, notamment le cognac français, pour répondre aux mesures de l’UE sur les voitures électriques chinoises. Les exportations françaises de vins vers la Chine représentaient près de 767 millions d’euros en 2024, ce qui en fait un enjeu sensible pour les professionnels du secteur.
Ce que cela signifie pour les vignerons
Si la Chine ouvre des enquêtes antidumping ou renforce ses droits sur le vin français, les prix à l’exportation augmenteraient mécaniquement, ce qui limiterait la compétitivité des appellations françaises. L’addition de ces nouvelles menaces venues de Pékin, avec celles déjà subies aux États‑Unis, renforce la pression sur les filières viticoles et les groupes de spiritueux, qui voient leur marché chinois s’affaiblir. Les organisations professionnelles, comme la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux, surveillent de près l’évolution des négociations entre Paris, Bruxelles et Pékin.
Enjeu européen et local
Au‑delà de la diplomatie officielle, cette situation rappelle aux consommateurs du Var que les choix de politique commerciale européenne influencent directement le prix et la disponibilité des vins français à l’export. La profession viticole locale, déjà exposée aux États‑Unis, pourrait voir ses marges réduites si la Chine met en œuvre des mesures ciblées. Les décideurs doivent donc peser soigneusement les risques d’une escalade commerciale, tout en protégeant les intérêts des producteurs français.
En quelques mots : la Chine, après les États‑Unis, place désormais le vin français dans la ligne de mire des droits de douane, ce qui modifie durablement les conditions d’exportation des vignerons.
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