Guerre en Ukraine : frappes russes massives, civils touchés à Kharkiv et Odessa ?
La nuit dernière, la Russie a lancé onze missiles balistiques et 149 drones contre l’Ukraine, frappant plusieurs zones urbaines. À Bohodoukhiv, dans l’oblast de Kharkiv, des drones ont touché des quartiers résidentiels. Les secours ont retrouvé les corps d’une femme et d’un enfant de dix ans. À Odessa, une autre frappe a provoqué des dégâts et fait des victimes, selon les autorités locales.
Depuis des mois, Moscou intensifiait ses attaques aériennes contre les infrastructures et les villes ukrainiennes. Cette stratégie visait à épuiser les défenses antiaériennes, tout en accentuant la pression psychologique sur la population. L’Ukraine, de son côté, renforçait ses appels à l’aide internationale, espérant des systèmes de défense supplémentaires.
Ces frappes s’inscrivent dans un contexte de guerre d’usure. D’une part, la Russie cherchait à perturber les capacités logistiques ukrainiennes. D’autre part, Kiev tentait de préserver ses centres urbains, malgré un ciel saturé de drones. Les autorités ukrainiennes expliquaient que la multiplication des vecteurs compliquait l’interception.
À Kharkiv, région régulièrement ciblée, les habitants vivaient déjà sous la menace constante des attaques. À Odessa, port stratégique, les frappes rappelaient l’importance économique et militaire de la zone. Ainsi, ces opérations traduisaient une volonté d’affaiblir durablement l’arrière ukrainien. Source
L’Afrique du Sud se retire de la Monusco en RDC
Pretoria a annoncé samedi 7 février le retrait immédiat de ses soldats engagés en République démocratique du Congo.
Cette décision a concerné environ 700 militaires intégrés à la Monusco, selon les Nations unies.
Elle est intervenue alors que l’est congolais restait marqué par des violences persistantes.
Ainsi, la mission onusienne a vu son dispositif encore fragilisé dans les provinces du Kivu.
Cependant, cette annonce s’inscrivait dans une orientation plus ancienne de la politique sud-africaine.
Depuis plusieurs mois, Pretoria évaluait le coût humain et stratégique de ses engagements extérieurs.
Le gouvernement sud-africain estimait que les opérations régionales produisaient des résultats limités.
Par ailleurs, l’opinion publique exprimait des doutes sur l’utilité de ces déploiements prolongés.
L’an dernier déjà, l’Afrique du Sud avait retiré des troupes d’une force régionale distincte.
Cette force, la SAMIRDC, avait été mise en place par la Communauté de développement d’Afrique australe.
Elle visait à contenir l’offensive du groupe armé M23 dans l’est congolais.
Toutefois, son mandat prenait fin début 2025 après des résultats jugés insuffisants.
En effet, le M23 poursuivait ses avancées dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Ce groupe restait accusé d’être soutenu par le Rwanda voisin, selon plusieurs rapports internationaux.
Dans ce contexte, Pretoria privilégiait désormais une approche diplomatique plutôt que militaire.
Ainsi, ce retrait interrogeait sur l’avenir de la présence internationale en RDC. Source
Nord-Kivu : pourquoi les massacres de civils se poursuivent-ils à l’Est du Congo ?
Un massacre a frappé samedi 7 février le village de Gelumbé, près de Beni-Oicha, au Nord-Kivu.
Entre 25 et 35 civils ont été tués lors d’une attaque attribuée aux Forces démocratiques alliées.
L’assaut s’est déroulé en quelques heures, dans une zone déjà marquée par des violences répétées.
Les autorités locales ont confirmé une opération ciblant directement des populations non armées.
Cette violence s’inscrivait dans un contexte ancien d’instabilité chronique à l’est de la RDC.
La région vivait depuis des années sous la menace constante de groupes armés transfrontaliers.
Les ADF, actives depuis longtemps, imposaient une terreur régulière aux villages isolés.
Leur allégeance à l’État islamique, annoncée en 2009, renforçait cette stratégie de peur durable.
Les faits se sont produits à proximité immédiate de la frontière avec l’Ituri.
Ce secteur avait déjà été touché par des massacres similaires en novembre et en juillet derniers.
Les attaques visaient des zones majoritairement chrétiennes, catholiques et protestantes.
Les habitants vivaient dans l’angoisse permanente, malgré la présence annoncée de forces régulières.
Selon plusieurs témoignages locaux, l’insécurité persistait faute de contrôle militaire efficace.
Des soupçons de passivité, voire de complicités internes, circulaient parmi les populations.
Le soutien de troupes étrangères ne parvenait pas à endiguer les violences récurrentes.
Au-delà de Beni, l’ensemble du Kivu restait fragilisé par des intérêts économiques majeurs.
Les territoires riches en minerais attiraient milices locales et groupes soutenus de l’extérieur.
Le chaos durable servait des enjeux fonciers, miniers et géopolitiques dans un silence international. Source
Soudan : pourquoi l’attaque de drones contre le PAM inquiète la région ?
Un convoi du Programme alimentaire mondial a été touché jeudi par une attaque de drones attribuée aux FSR, au Kordofan.
L’incident a immédiatement interrompu une opération humanitaire destinée aux populations déplacées.
Plusieurs véhicules ont été endommagés, tandis que des civils ont fui la zone par crainte de nouvelles frappes.
Cependant, cette violence s’inscrivait dans une stratégie déjà observée depuis des mois.
Le conflit opposant l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide s’enlisait à l’imparfait dans une logique d’usure.
Les infrastructures civiles servaient souvent de cibles indirectes, fragilisant l’accès à l’aide internationale.
Ainsi, l’ONU rappelait que plus de 150 000 morts avaient déjà été recensés.
En parallèle, au Maroc, la tension judiciaire montait autour des supporters sénégalais détenus.
Ces derniers ont cessé de se présenter aux audiences après plusieurs jours de grève de la faim.
Ils réclamaient, depuis l’origine, la notification précise des charges et l’accès effectif à leur avocat.
Toutefois, leur démarche visait surtout à dénoncer un traitement jugé opaque par leurs proches.
Enfin, sur le terrain intellectuel africain, Tryphon Kin-Kiey Mulumba publiait un ouvrage politique majeur.
L’ancien ministre retraçait, à travers son parcours, l’histoire du Congo de Mobutu à Tshisekedi.
Son livre expliquait pourquoi les élites étaient régulièrement contestées et comment le rêve souverain persistait. Source
Érythrée–Éthiopie : nouvelles accusations, vers une escalade régionale ?
Addis-Abeba a accusé samedi l’Érythrée d’incursions armées sur son territoire, ravivant brusquement les tensions régionales.
Cette accusation a été transmise par lettre officielle, exigeant un retrait immédiat de troupes supposées engagées.
Asmara a rejeté dès lundi ces allégations, les qualifiant de fausses et fabriquées publiquement.
Cette riposte rapide a confirmé une escalade verbale préoccupante entre deux voisins historiquement rivaux.
Depuis plusieurs mois, les relations bilatérales se dégradaient dans un climat de méfiance persistante.
Les autorités éthiopiennes dénonçaient régulièrement une implication érythréenne auprès de groupes rebelles actifs en Amhara.
Asmara estimait, de son côté, subir une campagne hostile visant à l’isoler diplomatiquement.
Ces échanges s’inscrivaient dans une dynamique plus ancienne de rivalités territoriales et stratégiques.
La présence de soldats érythréens au Tigré restait un point central de discorde.
Cette situation remontait à la guerre de 2020-2022, durant laquelle Asmara soutenait l’armée fédérale éthiopienne.
L’accord de paix de Pretoria prévoyait un retrait des forces étrangères, resté partiellement inappliqué.
Cette non-exécution alimentait aujourd’hui les soupçons et les accusations croisées.
Au-delà des accusations militaires, un enjeu géopolitique plus large persistait.
L’Éthiopie, pays enclavé, évoquait depuis deux ans la nécessité d’un accès maritime pacifique.
Asmara interprétait ces déclarations comme une menace potentielle sur le port stratégique d’Assab.
Ce différend s’ajoutait à un lourd passif historique marqué par des conflits meurtriers. Source
Massacre au Nigeria : qui sont les groupes armés responsables ?
Le 4 février, une attaque a fait 162 morts dans le village de Woro, dans l’État de Kwara. Les habitants ont été surpris en pleine nuit, et les violences ont déclenché une vague de peur dans tout le centre-ouest du pays. Depuis plus de seize ans, le Nigeria connaissait déjà des violences régulières, mêlant insurrections djihadistes, conflits entre agriculteurs et éleveurs et violences séparatistes. L’insécurité s’était progressivement installée, avec des enlèvements massifs dans le nord-ouest et une expansion inquiétante vers le sud-ouest jusque-là relativement épargné.
Les groupes djihadistes, dont Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), opèrent principalement dans le nord-est depuis 2009, provoquant plus de 40 000 morts et deux millions de déplacés selon l’ONU. Dans le nord-ouest, Lakurawa s’est imposé comme un acteur majeur, lié potentiellement à l’État islamique au Sahel. Ses attaques se sont intensifiées après des frappes américaines ayant tué plus de 100 de ses combattants. D’autres groupes affiliés à Al-Qaïda, comme le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), commencent à s’implanter et à frapper dans le centre du pays.
La violence touche aussi bien les communautés musulmanes que chrétiennes. En janvier, 170 chrétiens ont été enlevés dans l’État de Kaduna et libérés dix jours plus tard. Le président nigérian Bola Tinubu a imputé le massacre de Woro à Boko Haram, tandis que les autorités américaines dénoncent une incapacité à contenir ces violences. Le phénomène est complexe, mêlant idéologies djihadistes, rivalités locales et criminalité organisée, et reste un défi majeur pour la sécurité nationale. Source