Renault et Stellantis n’ont pas complètement loupé le virage électrique, mais leurs trajectoires divergent nettement, et leurs résultats restent fortement dépendants des aides publiques.
Une stratégie électrique plus offensive chez Renault
Renault a misé sur l’électrification la plus tôt et la plus massivement, avec une offre de véhicules 100% électriques largement renouvelée depuis 2022. Les ventes de véhicules électriques de Renault progressent de plus de 60% sur neuf mois, et leur part de marché dépasse 17% en 2025, tandis que la Renault 5 E‑Tech et le Scénic E‑Tech se classent parmi les modèles les plus vendus en Europe sur leurs segments respectifs. Sur le 3ᵉ trimestre 2025, les immatriculations 100% électriques du groupe bondissent de plus de 120%, ce qui confère une dynamique de croissance au chiffre d’affaires et à la part de marché électrique en France et dans l’UE.
Un Stellantis plus prudent et hybride
Stellantis, en revanche, a adopté une stratégie plus progressive, avec une forte orientation vers les hybrides rechargeables et les motorisations thermiques optimisées, tout en gardant une offre électrique limitée. Les ventes de BEV (voitures 100% électriques) de Stellantis stagnent autour de 12 à 13% de parts de marché dans l’UE29, avec une croissance modeste, tandis que les modèles électriques comme la Peugeot E‑208 ou la Citroën ë‑C3 restent nichés sur des segments précis. Les observateurs pointent une absence de plateforme dédiée au tout électrique, ce qui handicapait la compétitivité de certains modèles confrontés à des Renault ou Volkswagen plus « natives » sur l’électrique.
Le rôle crucial des aides de l’État
Les deux groupes bénéficient d’importants soutiens publics, via le plan France 2030 et d’autres dispositifs nationaux, qui financent la reconversion industrielle, la recherche et certains incitants à l’achat. Sans ces aides, les coûts de restructuration, d’investissement dans les plateformes et de prise de risque sur les volumes rendraient les marges très fragiles, surtout pour Stellantis, dont la part de marché électrique reste limitée. Dans ce contexte, certes le virage électrique n’est pas « raté » au sens d’un échec total, mais il reste inachevé et économiquement sensible, surtout pour un constructeur qui n’a pas encore aligné son offre électrique sur la demande réelle.
Synthèse
Renault affiche une dynamique électrique clairement plus soutenue que Stellantis, dont la stratégie reste marquée par la prudence et l’hybride. Sans les aides de l’État, la rentabilité de ces parcours électriques serait nettement plus incertaine pour les deux groupes. La transition vers la mobilité électrique loin d’être gagnée, les industriels du Var et de la région peuvent s’attendre à de nouveaux ajustements, et le public peut réagir en commentant les choix de Renault et de Stellantis sur les routes de la métropole Toulon–Provence.