Haïti : vaste offensive antigang à Port-au-Prince, quelles conséquences immédiates ?
Depuis lundi 19 janvier, les forces de sécurité haïtiennes ont lancé une offensive de grande ampleur contre les gangs de Port-au-Prince. Les frappes de drones et l’intervention d’engins lourds ont permis de déloger plusieurs chefs criminels, dont Jimmy Cherizier, surnommé “Barbecue”. Les quartiers de Bel Air, La Saline et Delmas 2, 4 et 6 ont été touchés, provoquant des scènes de panique dans les rues. Les habitants ont fui leurs domiciles tandis que les forces de police progressaient au sol. La capitale semblait redevenir instable à mesure que l’opération avançait, avec des rues presque désertes et des fenêtres closes.
Depuis plusieurs années, la situation s’aggravait dans ces quartiers où les gangs exerçaient un contrôle quasi total après l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse en 2021. Les autorités avaient déjà tenté des interventions ponctuelles, mais le manque de coordination et la puissance des groupes armés limitaient les résultats. L’opération actuelle illustre la volonté du Conseil présidentiel de transition de reprendre le contrôle avant la fin de son mandat prévue le 7 février. Selon Patrick Pélissier, ministre de la Justice et de la Sécurité publique, “la reprise de la capitale est en cours”.
Les frappes ont détruit plusieurs infrastructures et contraint plus de 1 500 familles à fuir. Les renforts envoyés par les gangs ont été pourchassés, réduisant certains secteurs en cendres. Cette offensive met en lumière les difficultés persistantes du gouvernement haïtien à stabiliser la capitale et interroge sur la sécurité des civils restants. Source
Washington intensifie son soutien militaire au Nigeria et au Sahel contre l’EI
Les États-Unis ont annoncé cette semaine l’augmentation de leur aide militaire au Nigeria, avec des livraisons d’équipements et un partage renforcé de renseignements. Cette décision, révélée par le général John Brennan, chef d’Africom, intervient après une recrudescence des attaques menées par Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Dans le même temps, le Pentagone a confirmé le maintien de sa coopération sécuritaire avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger, malgré les restrictions imposées après les coups d’État survenus entre 2020 et 2023.
Cette intervention américaine ne naissait pas d’hier. Depuis plusieurs années, Washington exprimait son inquiétude face à l’expansion des groupes jihadistes et aux difficultés des armées locales à contenir ces menaces. Sous l’administration Trump, la stratégie s’était déjà orientée vers une approche plus offensive, visant à neutraliser directement les combattants de l’EI tout en renforçant les capacités opérationnelles des partenaires africains.
Le général Brennan a précisé que le renforcement du soutien se traduirait notamment par un appui accru au renseignement pour guider les frappes aériennes nigérianes, particulièrement dans le nord-ouest et le nord-est du pays. Selon lui, la coordination avec les forces locales est essentielle pour affaiblir les réseaux jihadistes interconnectés, de la Somalie au Nigeria, tout en garantissant la sécurité des populations civiles, notamment des communautés chrétiennes régulièrement ciblées. Source
La France plaide pour un dialogue national en RDC
Le 19 janvier, la France a appelé à l’ouverture d’un dialogue national en RDC, en réponse aux tensions croissantes dans l’est du pays. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des efforts diplomatiques menés à Doha, Washington et par la médiation africaine. Elle vise à créer un cadre de discussion entre les acteurs politiques congolais, au-delà des clivages historiques, pour restaurer un minimum de consensus interne.
Depuis plusieurs mois, les Églises catholiques et protestantes avaient déjà plaidé pour un dialogue inclusif, tandis que des figures de l’opposition, telles que Moïse Katumbi et Martin Fayulu, réclamaient la tenue de consultations nationales. La position française vise à soutenir ces démarches et à renforcer l’idée que la paix durable dépend d’un accord politique global.
Sur le terrain diplomatique, l’Angola pilote un projet d’agenda de dialogue élaboré à Luanda avec le soutien technique des évêques et pasteurs locaux. Félix Tshisekedi doit encore se prononcer sur ce plan, tandis que plusieurs blocages persistent : le camp de Joseph Kabila souhaite d’abord achever les protocoles de Doha, le président Tshisekedi insiste sur le respect du cessez-le-feu, et le groupe politico-militaire AFC/M23 attend des clarifications de l’Angola.
Malgré ces obstacles, les consultations avancent, mais le lancement effectif du dialogue reste conditionné à des compromis politiques. Les accords signés à Washington et Doha, visant à instaurer un cessez-le-feu, ont eu un impact limité sur le terrain, où les affrontements se poursuivent. L’est de la RDC, riche en ressources et frontalier du Rwanda, connaît des violences récurrentes depuis plus de trente ans, exacerbées depuis la résurgence du M23 en 2021. Source
Tensions à la frontière Centrafrique-Soudan : Birao sous pression humanitaire
Une colonne de réfugiés a franchi la frontière soudanaise vers Birao, transportant familles et maigres biens, mercredi matin. Depuis des semaines, la ville faisait face à un afflux croissant de civils fuyant le conflit au Darfour. Les routes poussiéreuses menant à Birao étaient déjà encombrées, et les motos dominaient désormais le trafic urbain. La saison sèche accentuait la chaleur et la poussière, compliquant l’installation des nouvelles tentes dans le quartier périphérique de Korsi.
L’histoire de ces migrations s’ancre dans les tensions anciennes entre le général Abdel Fattah al-Burhan et Mohamed Hamdan Daglo, à l’origine de l’éclatement du conflit soudanais en avril 2023. Dès les premiers affrontements, des milliers de familles ont été contraintes de fuir, et le Darfour est redevenu le théâtre de violences ciblées contre les communautés non arabes. La chute d’El Fasher en octobre 2025 a amplifié ces déplacements, tandis que la famine se généralisait dans plusieurs régions du pays.
À Am Dafock, la ville-frontière située à deux heures de Birao, les habitants circulent librement entre les deux pays, mais vivent dans la peur des incursions des RSF. Les responsables locaux et la MINUSCA s’efforcent de contenir la menace, mais la situation humanitaire reste critique. Les réfugiés, souvent arrivés à l’aube, témoignent de massacres et de violences répétées, rappelant que la Centrafrique absorbe désormais les retombées d’un conflit régional. Source
Kiev dénonce des frappes russes meurtrières lors des pourparlers
La nuit dernière, des frappes russes ont touché plusieurs régions ukrainiennes, faisant au moins un mort. Ces bombardements sont survenus alors que des discussions diplomatiques se déroulaient à Abu Dhabi, sous médiation américaine. Depuis plusieurs semaines, Kiev signalait déjà une intensification des attaques nocturnes, qui visaient des zones civiles et militaires. Les responsables ukrainiens indiquaient que ces offensives reflétaient une stratégie de pression pour influencer les négociations en cours.
Le ministre des Affaires étrangères ukrainien a souligné que ces raids menaçaient directement la population et compliquaient la poursuite des pourparlers. Les diplomates américains, présents à Abu Dhabi, avaient préparé ces échanges depuis plusieurs mois, espérant créer un cadre de dialogue durable. Le contexte régional et international montrait que la Russie maintenait une politique d’intimidation visant à conserver des positions stratégiques sur le terrain.
Des témoins locaux ont rapporté des explosions répétées et la panique dans les villes touchées. Les autorités ukrainiennes ont rappelé l’importance de la vigilance et ont renforcé la protection civile. Les frappes nocturnes, bien que limitées, symbolisent la persistance des tensions et la difficulté de concilier action militaire et négociation diplomatique.
Le dialogue se poursuivait hier, avec des responsables ukrainiens et russes confrontés à des choix délicats. La communauté internationale observe attentivement l’évolution des événements, consciente que chaque incident peut peser sur la réussite des négociations. Les analystes estiment que cette escalade ponctuelle pourrait influencer les futures décisions diplomatiques et la sécurité régionale. Source
