Un patient meurt dans l’incendie qui a ravagé les urgences de Hyères

Ce lundi 5 janvier au matin, un drame humain s’est noué aux urgences du centre hospitalier Marie-José Treffot, lorsqu’un incendie s’y est déclaré aux alentours de 4 heures. Un homme de 75 ans, qui avait été admis le 2 janvier au sein du service, a péri dans les flammes qui embrasaient sa chambre d’hospitalisation, situation dont l’établissement ne s’était jamais vraiment remis après le sinistre identique qui l’avait frappé début juin dernier. Le feu, qui s’est propagé en quelques minutes à peine, a provoqué l’évacuation simultanée de 32 personnes « horizontalement » vers d’autres secteurs de l’hôpital, dont 19 patients transférés d’urgence à la maternité.

Titan-informatique - Dépannage, réparation et assistance informatique pour vos ordinateurs et équipements numériques à Carqueiranne, Hyères, La Crau, La Garde, Le Pradet et Toulon.

Alors que les premiers instants de l’incendie auraient pu être catastrophiques, c’est grâce à la réactivité exemplaire du personnel que le sinistre n’a pas pris des proportions beaucoup plus graves. Un agent de sécurité, accompagné d’un soignant présent sur place, se sont immédiatement saisis de plusieurs extincteurs pour maîtriser les flammes avant même l’arrivée des secours. Cette intervention rapide et courageuse a effectivement permis de circonscrire l’incendie à la seule chambre du patient décédé, car il aurait pu se communiquer aux locaux adjacents en l’absence de cette mobilisation. Soixante sapeurs-pompiers du Var, dépêchés d’urgence, ont pris en charge le sinistre à 4 h 30, confirmant par leur présence que le feu avait été correctement maîtrisé par le personnel hospitalier.

Au-delà de la victime principale, ce sinistre a causé plusieurs blessés légers parmi le personnel soignant présent ce matin-là. Selon les autorités, six employés ont été incommodés par l’inhalation de fumées toxiques, tandis que quatre d’entre eux ont nécessité un transfert vers l’hôpital d’instruction des armées (HIA) de Sainte-Anne pour une observation médicale approfondie. Un agent de sécurité et un agent intervenant pour le transport du sang, tous deux extérieurs à l’établissement, ont également reçu les premiers soins sur place, bien que leur état n’inspire aucune inquiétude majeure au stade actuel. Parallèlement, un patient supplémentaire ainsi que deux autres ont dû être transférés respectivement à l’hôpital Sainte-Musse à Toulon et à celui de Draguignan, en raison de complications survenues pendant l’évacuation.

Quant à l’origine précise du sinistre, une enquête judiciaire a été immédiatement ouverte sous l’autorité du procureur de Toulon, Raphaël Belland, qui a précisé que la victime était née en 1949. Selon une source proche du dossier interrogée par l’AFP, l’incendie serait « vraisemblablement lié à une fuite d’oxygène » qui aurait déclenché les flammes, hypothèse actuellement privilégiée par les enquêteurs. Bien que cette piste soit sérieusement envisagée, les autorités ont insisté sur le fait qu’« aucune piste ne doit être exclue à cette heure », ce qui laisse ouverte la possibilité que d’autres causes soient explorées lors de l’enquête approfondie à venir.

La direction de l’établissement a pris les mesures d’urgence qui s’imposaient, notamment l’activation du plan blanc et la mise en place d’une cellule de crise destinée à gérer la situation de manière coordonnée. Par ailleurs, une cellule médico-psychologique du Samu a été mobilisée afin d’accompagner et de soutenir l’équipe de nuit, fortement éprouvée par ce drame. Les urgences du centre hospitalier sont demeurées fermées suite à ce sinistre, obligeant la population de Hyères à se présenter dans d’autres établissements, notamment à Sainte-Musse à Toulon, qui a ouvert une dizaine de lits supplémentaires pour absorber les patients redirigés.

Le préfet du Var, Simon Babre, s’est présenté devant les médias pour faire le point sur la situation et a notamment souligné que « le feu avait été maîtrisé par un agent de sécurité et un soignant », ajoutant que « tous les dangers ont été exclus et traités ». Il a précisé que la commission de sécurité, qui venait de passer peu de temps auparavant, n’avait relevé aucun problème technique dans les locaux. Cependant, cette absence de dysfonctionnements détectés ne dispense nullement les autorités de procéder à un nouvel examen des installations avant de rouvrir le service, lequel restera fermé jusqu’à l’obtention d’un avis favorable de la commission.

Cette tragédie ravive les souvenirs du précédent incendie qui avait frappé ce même service en début juin 2025, lequel avait détruit trois boxes de soin et occasionné l’intoxication de plusieurs personnes, incident pour lequel l’hypothèse d’un acte volontaire avait été privilégiée par les enquêteurs. Les autorités ont tenu à préciser que, contrairement à ce qui aurait pu être redouté, tous les autres secteurs de l’hôpital fonctionnent normalement, y compris les consultations, le bloc opératoire, la maternité et le SMUR, et qu’aucune déprogrammation d’opération n’est envisagée. Enfin, le directeur général du Centre hospitalier intercommunal Toulon-La Seyne-sur-mer, Yann Le Bras, a confirmé que la réouverture des urgences serait conditionnée au passage d’une nouvelle commission de sécurité et à l’obtention de son aval officiel.

Les habitants de Hyères doivent actuellement se tourner vers leur médecin traitant ou appeler le 15 avant toute visite aux urgences, qui seront redirigés vers Sainte-Musse à Toulon, établissement situé à proximité et largement capable de gérer l’afflux supplémentaire de patients. Cette fermeture temporaire pose néanmoins la question de la capacité réelle des urgences hyéroises à fonctionner en toute sécurité, particulièrement au regard des deux sinistres survenus en moins d’une année, ce qui ne manquera pas de susciter des interrogations légitimes parmi les citoyens du bassin hyérois.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *