Le cas Sergueï Tcherkassov

Sergueï Vladimirovitch Tcherkassov, espion russe détenu au Brésil depuis décembre 2022, attend que le président Luiz Inácio Lula da Silva statue sur son extradition vers Moscou, alors que le Département de récupération d’actifs et de coopération juridique internationale examine la demande russe que le Tribunal suprême fédéral a déjà autorisée sous conditions. Dans la prison fédérale de Brasília, où il purge une peine pour faux idéologique jusqu’en 2027, Tcherkassov avait patiemment construit une identité brésilienne fictive sous le nom de Victor Muller Ferreira, laquelle lui servait à tenter d’infiltrer la Cour pénale internationale à La Haye, juste après l’invasion russe en Ukraine qui multipliait les enquêtes sur crimes de guerre. Lorsque la Police fédérale l’interpella à son retour des Pays-Bas, où les services néerlandais l’avaient refoulé sur alerte américaine, se révélèrent des années d’opération du GRU exploitant les failles du registre civil brésilien pour délivrer des documents authentiques.

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Tcherkassov était entré au Brésil en 2010 avec un passeport russe légitime, mais, pendant qu’il résidait à Rio et dans le Nord-Est, il enregistrait un acte de naissance frauduleux qui lui octroyait RG, CPF et passeport comme natif de Niterói, tactique qu’il employait parce que le pays offrait une base neutre pour « blanchir » son origine dans l’espionnage illégal. Par la suite, il étudia les sciences politiques en Irlande et les relations internationales aux États-Unis, où, bien qu’il maintînt un profil discret, il collectait des renseignements sensibles transmis au GRU, ce que les États-Unis contestèrent en demandant son extradition en 2023, sans que le Brésil ne privilégie la requête russe au nom du principe ne bis in idem. Avant que la PF ne démantèle ce réseau en 2022, Tcherkassov recevait des virements fractionnés de diplomates russes à Rio, lesquels finançaient son action pendant qu’il visait le « trophée » du TPI, contexte qui s’amplifiait parce que Poutine faisait l’objet d’un mandat d’arrêt de cette cour.

Bien que la Russie l’accuse de trafic de drogue pour justifier sa demande, les enquêteurs brésiliens ont clos les dossiers d’espionnage faute de préjudice direct à l’État, verdict qui a permis le jugement définitif de ses condamnations et levé les obstacles, comme l’a confirmé le juge Frederico Botelho de Barros Viana en décembre 2025. Lula, qui hérite de ce casse-tête diplomatique, arbitre entre ses liens étroits avec Moscou et les pressions occidentales, puisque Tcherkassov appartient à une « usine à espions » comptant au moins dix agents russes repérés au Brésil, lesquels utilisaient des identités fictives pour opérer en Amérique latine et ailleurs. Auparavant, pendant que la PF cartographiait ce réseau sophistiqué qui exploitait le passeport brésilien pour accéder à l’Europe et aux États-Unis, Tcherkassov vivait en étudiant vorace et irréprochable, mirage qui s’effondra lorsqu’il tenta d’embarquer pour La Haye en mars 2022.

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