La Free Software Foundation (FSF), qui a publié dans son bulletin d’hiver 2025 un article virulent dénonçant les nouvelles conditions d’utilisation de Nintendo pour la Switch 2, alerte sur le fait que le constructeur japonais s’arroge désormais le droit de rendre une console définitivement inutilisable si un utilisateur viole ses règles, comme lorsque des modifications ou des jeux piratés sont détectés. Nintendo, qui avait déjà modifié discrètement son contrat de licence numérique en mai 2025 avant le lancement de la Switch 2, précise dans ce document que les propriétaires acceptent que la firme puisse désactiver à distance les services en ligne, les mises à jour ou l’ensemble du matériel en cas de non-respect des restrictions, ce qui explique pourquoi des bannissements ont rapidement touché des joueurs innocents. Alors que des cas concrets, tels que celui d’un utilisateur banni après avoir utilisé une cartouche MIG Flash même avec des dumps légaux de ses propres jeux, illustrent les conséquences immédiates de cette politique, la FSF compare cette mesure à la pire forme de DRM jamais imposée par Nintendo, laquelle oblige les victimes à supplier le support pour une éventuelle clémence après fourniture de preuves d’achat.
Des joueurs, qui pensaient acquérir des jeux d’occasion légitimes via des marketplaces numériques, ont découvert que leurs consoles Switch 2 se retrouvaient bloquées parce que les anciens propriétaires avaient potentiellement copié les cartouches, ce qui déclenche une vérification DRM en ligne suspectant une fraude simultanée. Nintendo, qui applique une tolérance zéro depuis le lancement de la console en juin 2025, a déjà brické des appareils neufs ou d’occasion en moins d’un mois, comme lorsque un acheteur d’un retour ouvert a hérité d’une machine inutilisable pour de nombreux titres malgré un hardware fonctionnel. Cette escalade, qui s’inscrivait dans une intention antérieure de contrer le piratage intensifié sur la Switch originale où les homebrews proliféraient, soulève des enjeux profonds sur la propriété réelle des appareils achetés, car les utilisateurs doivent désormais renoncer à toute rétro-ingénierie ou modification sous peine de perdre l’accès à l’eShop, au cloud ou à YouTube.
La FSF, qui mène sa campagne Defective by Design contre les logiciels non libres, argue que ce DRM unilatéral prive les propriétaires du droit de copier, étudier ou modifier les programmes sur leurs propres dispositifs, transformant ainsi l’achat en une location précaire. Des témoignages sur Reddit et X rapportent que les bannissements système sont irrévocables sans échange de console auprès du revendeur, ce qui force les joueurs à débourser à nouveau 469 euros pour revenir dans l’écosystème Nintendo, dont les mises à jour rares prolongent l’isolement des bannis pendant des années. Nintendo justifie cette fermeté par la nécessité de protéger ses titres contre les flashcarts et backups illégaux, mais les faux positifs, qui touchaient déjà la Switch 1, révèlent un système où l’innocence se prouve a posteriori dans un processus laborieux auprès du support.
