En France, le marché des drogues illicites connaît une expansion spectaculaire. Selon une récente étude de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), menée avec la Mission interministérielle de lutte contre les drogues (MILDECA), ce marché pèserait environ 6,8 milliards d’euros en 2023, contre 2,3 milliards en 2010. Cette progression, portée par l’explosion du marché des psychostimulants, bouleverse les équilibres économiques du trafic sur le territoire métropolitain.
L’étude, conduite par les professeurs Christian Ben Lakhdar et Sophie Massin (Université de Lille), montre que cette croissance résulte d’une transformation profonde des usages et des réseaux. En 2010, le cannabis dominait sans partage. En 2023, la cocaïne a pris le dessus en valeur, représentant 3,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires, contre 2,7 milliards pour le cannabis. Malgré des volumes de consommation bien moindres — 47 tonnes contre 397 tonnes —, la cocaïne s’impose comme la drogue la plus rentable du marché.
Les données confirment aussi la montée en puissance des drogues de synthèse. L’ecstasy et les amphétamines enregistrent des hausses respectives de 637% et 470% en douze ans. Cette mutation de la cartographie des substances illustre une recomposition du marché : hausse des puretés, diversification des points de vente et sophistication accrue des circuits logistiques.
Le programme interministériel PIRALAD, lancé en 2022, tente désormais d’éclairer les politiques publiques par une meilleure connaissance du trafic. En réunissant les forces de sécurité, la Justice et les Douanes, il vise à renforcer la prévention, à anticiper l’évolution du marché et à mesurer les progrès accomplis. En vingt ans, le nombre de Français ayant expérimenté la cocaïne a quadruplé, un signal fort pour les autorités publiques.
Quelle réponse concrète l’État peut-il apporter face à cette économie parallèle durablement installée ? Les lecteurs sont invités à réagir et à partager leur point de vue sur cette évolution préoccupante.
