Un mois après avoir précipité la chute du président Andry Rajoelina, la génération Z malgache maintient la pression dans les rues et sur les réseaux sociaux. Cette jeunesse connectée, issue principalement des grandes villes, rejette vigoureusement les coupures répétées d’eau et d’électricité, la corruption rampante et la pauvreté extrême qui gangrène le pays. Depuis le 25 septembre 2025, les manifestations massives ont fait basculer Madagascar dans une période d’incertitude politique marquée par des revendications radicales, allant jusqu’au départ pur et simple du chef de l’État.
Ce mouvement, désormais structuré en collectifs multiples nés sur internet, exprime une colère longtemps en gestation. La Gen Z dénonce un système politique perçu comme kleptocratique et autoritaire, incapable de répondre aux besoins fondamentaux de sa population. Alors que 75% des Malgaches vivent sous le seuil de pauvreté, ces jeunes réclament une transformation profonde du pays, bien au-delà des seules promesses gouvernementales. Cette révolte, à la fois urbaine et numérique, s’inscrit dans une volonté ancienne de changer la gouvernance et de restaurer la justice sociale, en réponse à des années de marginalisation et de frustrations économiques.
Le pouvoir de transition qui a succédé au régime déchu est confronté à un quadruple défi : organiser un dialogue avec une jeunesse éclatée mais déterminée, répondre aux urgences sociales, réduire la corruption structurelle et mener une refondation politique crédible. Les militaires, récemment installés, cherchent à rassurer la Gen Z en amorçant des audits et des poursuites, mais les attentes restent immenses.
Cette agitation générale incarne une nouvelle page dans l’histoire malgache, où la jeunesse, jusque-là peu écoutée, s’impose comme un acteur décisif de la vie nationale.
Des pistes restent ouvertes : réorganisation des collectifs, concertation nationale, réhabilitation des services publics et une vigilance accrue contre les manœuvres politiques visant à récupérer le mouvement. La génération Z malgache a fait preuve d’une capacité d’engagement rare, désormais attente de résultats concrets.
Que penser de cette révolte et de ses conséquences sur l’avenir politique et social de Madagascar ? Les commentaires sont ouverts.
