Une messe en hommage au maréchal Philippe Pétain s’est déroulée ce samedi 15 novembre à l’église Saint-Jean-Baptiste de Verdun, malgré une interdiction initiale du maire. Cette décision fut suspendue par le tribunal administratif de Nancy, qui n’a pas jugé la cérémonie susceptible de troubler l’ordre public. Ce rassemblement, autorisé par l’archevêque de Metz, a ravivé les tensions autour de la mémoire de Pétain, chef du régime de Vichy et condamné pour haute trahison en 1945.
Depuis plusieurs années, l’Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (ADMP) organise une messe annuelle en sa mémoire, généralement à Douaumont. Ce lien avec Verdun, symbole de la Première Guerre mondiale, est source de controverse. Le maire de Verdun Samuel Hazard, très opposé à cette célébration, a dénoncé une offense à la conscience collective, rappelant que Pétain incarne la trahison et le déshonneur. Il a exprimé son « dégoût » et sa « colère » face à cette messe qui, selon lui, ne rend pas hommage aux véritables héros de Verdun, les soldats morts pour la France.
La cérémonie a rassemblé une centaine de personnes, tandis qu’un important dispositif de sécurité a été mis en place pour éviter tout débordement. En marge de la messe, le préfet de la Meuse a annoncé qu’il allait porter plainte suite à des propos révisionnistes tenus après l’office, soulignant l’importance de préserver la mémoire des victimes du nazisme et de la collaboration. Cette démarche montre que ce débat mémoriel demeure vif, notamment dans une ville profondément marquée par son histoire militaire et son devoir de mémoire.
