Taha Oualidat : du faux mineur isolé au meurtre de Philippine, une descente aux enfers
Dès 2019, Taha Oualidat, jeune Marocain arrivé en France, fugue à répétition. Son parcours bascule rapidement : il agresse sexuellement une première étudiante. Libéré en septembre 2024 après une peine de prison, il se fond dans la clandestinité en Seine-Saint-Denis, sans papiers, chez sa famille. Pourtant, la veille de la disparition de Philippine, il rôdait déjà dans le bois de Boulogne.
Samedi 21 septembre 2024, la famille et les proches de Philippine Le Noir de Carlan organisent une battue. La jeune femme, étudiante à Paris-Dauphine, a disparu depuis la veille. Les caméras l’ont filmée à 13h39, absorbée par son téléphone, avant de s’engager vers le bois. Aucun signe de vie ensuite.
Vers 16h30, deux participants repèrent un homme étrange. Masqué, ganté, il manipule un outil ressemblant à une pelle. À leur approche, il change de lieu, creusant avec insistance. Interpellé par d’autres chercheurs, il évoque un « nid d’amour » pour son « mec ». Quelques minutes plus tard, le corps de Philippine est découvert, à moitié enterré, là même où l’individu s’activait.
Arrêté trois jours plus tard à Genève, Taha Oualidat est mis en examen pour meurtre et viol. Son profil inquiète : un passé de fugues, une première agression sexuelle étouffée, une libération discrète. Comment un homme signalé comme « incontrôlable » a-t-il pu circuler librement ? Pourquoi son arrivée en France n’a-t-elle pas déclenché d’alerte sérieuse ? Source
Ben Yedder et son frère renvoyés en cour criminelle : viol et silence médiatique
Wissam Ben Yedder et son frère Sabri comparaîtront bientôt devant la cour criminelle des Alpes-Maritimes. Le juge d’instruction a rendu, ce lundi, son ordonnance de mise en accusation. Les deux hommes sont poursuivis pour « viol », « tentative de viol » et « atteinte sexuelle ». Cette décision clôt deux années d’enquête, déclenchée après la plainte de deux jeunes femmes.
Les faits remontent à l’été 2023. Deux plaignantes accusent les frères Ben Yedder d’agressions commises dans un appartement loué près de Monaco. À l’époque, Wissam, alors capitaine et attaquant de l’AS Monaco, jouissait d’une notoriété certaine. Aujourd’hui, il évolue en Turquie, à Sakaryaspor, sous le poids d’un contrôle judiciaire strict. Sabri, son frère, partage le même statut.
L’enquête a traîné en longueur. Les avocats des parties civiles dénoncent des délais anormalement longs, tandis que la défense évoque une procédure biaisée. Pourtant, les éléments recueillis ont convaincu le juge. Les auditions, les expertises et les témoignages ont dessiné un tableau suffisamment grave pour justifier un procès en cour criminelle. Pourquoi un tel délai ? Pourquoi un tel silence autour de cette affaire, alors que le nom de Ben Yedder résonne encore dans le monde du football ?
Les deux hommes, toujours sous contrôle judiciaire, attendent désormais la date de leur procès. Leur avocate n’a pas encore réagi publiquement. Les plaignantes, elles, espèrent enfin obtenir justice. Leur parole, souvent mise en doute dans ce type d’affaires, sera au cœur des débats. Source
Meurtre de Justine Vayrac : le procès de Lucas L. fixé à mars 2026, trois ans après le drame
Trois ans après la disparition tragique de Justine Vayrac, la justice a enfin fixé une date pour le procès de Lucas L. L’agriculteur de 21 ans, accusé du viol et du meurtre de la jeune Lotoise, comparaîtra devant la cour d’assises de Corrèze du 16 au 20 mars 2026. Un rendez-vous judiciaire attendu par les proches, qui refusent l’oubli.
Dans la nuit du 22 au 23 octobre 2022, Justine, 20 ans et mère d’un petit garçon de deux ans, quitte une boîte de nuit de Brive-la-Gaillarde. Mal à l’aise, elle souhaite se reposer dans sa voiture. C’est là qu’elle croise Lucas L., une connaissance. Il propose de la raccompagner. Quelques jours plus tard, son corps est retrouvé dans un bois. Les aveux du suspect, d’abord flous, évoquent une dispute mortelle. Pourtant, l’autopsie révèle une tout autre réalité : strangulation, viol, fractures multiples, traces de violence extrême.
Les enquêteurs découvrent des traces de sang dans le véhicule de Lucas L., ainsi qu’à son domicile. Le sac de Justine, calciné, gît près de sa dépouille. Les éléments s’accumulent, accablants. Malgré ses déclarations initiales, la version du suspect s’effondre face aux preuves médico-légales. La jeune femme n’a pas succombé à un coup de poing, mais à un étau de brutalité méthodique.
Depuis trois ans, la famille de Justine se bat pour que justice soit rendue. À l’approche de l’anniversaire de sa mort, son portrait a fleuri dans les rues de Brive, accompagné d’un message clair : « On n’oublie pas. » Un QR code renvoie vers une pétition réclamant « la perpétuité réelle » pour les crimes les plus odieux. Arnold Setan, son beau-père, a confirmé la tenue du procès après des mois d’attente. Cinq jours durant lesquels la cour devra démêler les zones d’ombre d’une nuit devenue cauchemar.
Lucas L. encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Mais pour les proches de Justine, aucune peine ne ramènera la jeune mère. Seul un verdict à la hauteur de l’horreur commise pourrait, peut-être, apaiser leur douleur. Source
« Paffman » : quand un influenceur masculiniste défie la loi sur l’apologie du viol
Un influenceur controversé, connu sous le pseudonyme de « Paffman », fait l’objet d’une enquête pour apologie de viol. L’affaire éclate après la diffusion d’une vidéo sur TikTok, où il affirmait avoir ignoré les vingt refus de sa compagne pour une relation sexuelle. Ces propos, jugés inacceptables, ont déclenché une réaction en chaîne.
Le parquet de Lille a confirmé l’ouverture d’une enquête fin août, après un signalement émanant du doyen de la faculté de droit où étudie le jeune homme. Ce dernier, alors suivi par 60 000 abonnés, a vu ses déclarations relayées massivement, provoquant l’indignation. L’apologie de viol est un délit puni de cinq ans de prison et de 45 000 euros d’amende. Pourquoi une telle sévérité ? Parce que ces discours banalisent la culture du viol, déjà combattue par la loi.
La ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a réagi avec fermeté. Elle a annoncé un nouveau signalement, rappelant que « la loi a changé, la culture doit changer ». Ses mots visent directement les propos de « Paffman », mis en lumière lors d’un reportage diffusé dimanche dans « Sept à huit ». Le compte TikTok de l’influenceur, encore actif mardi, a été suspendu mercredi matin. Source
Viols au dépôt de Bobigny : 650 avocats se retirent, la justice en crise
Le barreau de Seine-Saint-Denis frappe un grand coup. Plus de 650 avocats suspendent leurs permanences pénales au tribunal de Bobigny. En cause ? La mise en examen de deux policiers pour viols aggravés sur une femme retenue au dépôt fin octobre. Une affaire qui révèle les failles d’un système censé protéger les plus vulnérables.
Les faits remontent à la nuit du 28 au 29 octobre. Une femme, placée sous la garde des forces de l’ordre, affirme avoir subi deux viols. Les policiers, âgés de 23 et 35 ans, reconnaissent des relations sexuelles. Ils les qualifient pourtant de consenties. Une vidéo, extraite du téléphone de l’un d’eux, vient cependant étayer les accusations. La procureure de Paris, Laure Beccuau, confirme l’existence d’éléments accablants.
Pour le conseil de l’ordre, ces agissements constituent une « atteinte intolérable aux droits fondamentaux ». Sandrine Beressi, bâtonnière, insiste : « Nous exigeons des réponses. Comment de tels actes ont-ils pu se produire dans l’enceinte même du tribunal ? » La suspension des permanences n’est pas anodine. Elle traduit une défiance profonde envers les autorités, incapables d’assurer la sécurité des détenus.
Le dépôt de Bobigny, vétuste et surpeuplé, cristallise les tensions. Déjà pointé du doigt après la mort d’un détenu en décembre 2024, il symbolise aujourd’hui une « faillite » institutionnelle. Les avocats, témoins quotidiens des conditions indignes, refusent désormais de cautionner un système défaillant. « Nos clients doivent bénéficier d’une protection totale, pas d’une vulnérabilité exploitée », martèle le barreau.
La décision, votée à l’unanimité, envoie un signal fort. Les avocats attendent une enquête administrative pour comprendre les dysfonctionnements. En attendant, le tribunal de Bobigny, deuxième de France, se retrouve privé d’un maillon essentiel de la chaîne pénale. Une crise qui interroge : comment restaurer la confiance dans une justice où les gardiens deviennent les agresseurs ? Source
Viol en détention : Israël divisé sur la qualification d’un crime commis par ses soldats
Une affaire de viol et de sévices commis par des soldats israéliens sur un détenu palestinien secoue Israël. L’ex-procureure militaire Yifat Tomer-Yerushalmi, inculpée pour avoir divulgué une vidéo accablante, se retrouve au cœur d’une polémique politique. La droite et l’extrême droite l’accusent de trahison, tandis que la gauche défend son geste comme un devoir éthique.
Pourquoi cette vidéo a-t-elle été rendue publique ? Selon Nitzan Perelman-Becker, sociologue et spécialiste de la droite israélienne, la base militaire de Sde Teiman, transformée en camp de détention depuis octobre 2023, est le théâtre de tortures quotidiennes. Des organisations comme Physicians for Human Rights ont alerté sur ces pratiques, mais une seule histoire a émergé : celle d’un Palestinien violé, puis hospitalisé. La vidéo, diffusée en juillet 2024, montre partiellement ces actes. Après une enquête infructueuse pour identifier son auteur, Yifat Tomer-Yerushalmi a avoué l’avoir elle-même transmise à la presse. Son objectif ? Contrer la propagande contre l’armée et prouver que des investigations étaient menées.
Pourtant, la réaction politique isole le crime lui-même. Neuf soldats sont mis en cause, mais la procédure traîne. Le Premier ministre Benyamin Netanyahu dénonce une « attaque médiatique » sans précédent, tandis que l’extrême droite, incarnée par Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale, légitime les violences contre les détenus palestiniens. Certains parlementaires refusent même de qualifier le viol de crime, préférant défendre les soldats. Cette fracture révèle un clivage profond : d’un côté, une droite nationaliste pour qui la domination juive prime sur les droits humains ; de l’autre, une gauche attachée aux institutions et à l’éthique. Source
Carcassonne : six procès pour viol sous les projecteurs de la cour criminelle
La cour criminelle de l’Aude ouvre une session exceptionnelle ce lundi 3 novembre à Carcassonne. Jusqu’au 28 novembre, cinq juges professionnels examineront six affaires de viol, placées sous les présidences de Didier Guissard et Florence Tréguier. Pourquoi cette concentration de dossiers sensibles en un seul mois ? La réponse tient autant à l’engorgement des tribunaux qu’à la volonté de traiter ces crimes avec la rigueur qu’ils exigent.
Les violences sexuelles occupent une place croissante dans l’agenda judiciaire. Chaque affaire soumise à la cour criminelle porte son lot de questions : délais de prescription, crédibilité des témoignages, preuves matérielles souvent rares. Les magistrats devront naviguer entre les récits des victimes, les stratégies de défense et les expertises médico-légales. Certains dossiers impliquent des mineurs, d’autres des adultes, mais tous partagent une même gravité.
Les audiences s’annoncent intenses. Les parties civiles, souvent marquées par des années de silence, espèrent enfin obtenir réparation. Les prévenus, eux, tentent de préserver leur version des faits. Les avocats, de part et d’autre, préparent des plaidoiries qui pourraient faire basculer l’issue des débats. Les juges, quant à eux, devront trancher en s’appuyant sur des éléments parfois ténus, mais toujours lourds de conséquences.
Cette session intervient dans un contexte national où la lutte contre les violences sexuelles reste un enjeu majeur. Les associations de victimes réclament des moyens accrus pour les tribunaux. Les magistrats, de leur côté, soulignent la complexité de ces affaires, où la parole se heurte souvent à l’absence de traces physiques. Comment concilier rapidité et équité ? La réponse se jouera, en partie, dans le prétoire carcassonnais ces prochaines semaines. Source
