Votre feuilleton, offert par Titan-Informatique, Assistance aux particuliers et entreprises
Chapitre 1 – L’Attente
Chapitre 2 – Le Retour à la Basse Ville
Chapitre 3 – Ce que dissimule le sol
Chapitre 4 – L’ombre ne meurt jamais
Chapitre 5 – Le feu de La Garde
Chapitre 6 – Trois types biens
Chapitre 7 – Déconstructions
Chapitre 8 — L’envers du décor
Chapitre 9 — Les eaux troubles de Saint-Mandrier
Chapitre 00 – La boutique et la rencontre
Chapitre 10 – Je m’occupe de tout
Chapitre 11 — Derrière le Sourire de Delphine
Chapitre 12 — L’épouse de M. Louis
Chapitre 13 — La chute de Mathieu
Chapitre 14 — Partie remise
Chapitre 15 — Le tambour
Chapitre 16 — Les ombres du matin
Chapitre 17 — De Font-Pré à Saint-Musse
Chapitre 18 — Les rubalises jaunes
Chapitre 19 — La rivière des Amoureux
Chapitre 20 — Échapper à la boue
Chapitre 21 — Les empreintes
Chapitre 22 — Elle rôde dans La Rode
Chapitre 23 — Aux genoux des égouts
Chapitre 24 — Macabre covoiturage
Chapitre 25 — Un bus c’est dur !
Chapitre 26 — Urgence à Saint-Musse
Chapitre 27 — Fuite hors sol
Chapitre 28 — Barbara balade
Chapitre 29 — Un caoua avec Barbara
Chapitre 30 — Barbaravatar
Chapitre 31 — Barbara spécial
Chapitre 32 — Probablement
Chapitre 33 — Les c***, ça ose tout !
Chapitre 34 — L’écoquartier
Chapitre 35 — La clochette
Chapitre 36 — Le téléphone
Chapitre 37 — A quatre dans le 4×4
Chapitre 38 — Et la honte disparu
Chapitre 39 — Les monstres
Chapitre 40 — La chasse est ouverte
Chapitre 41 — A fond à Font-Pré
Chapitre 42 — Deux-rooues
Chapitre 43 — Déclarer sa flamme
Chapitre 44 — Relâcher la tension
Le lendemain, le Cours Lafayette vibrait déjà d’une agitation familière. Les cris des vendeurs s’entrechoquaient dans l’air encore frais — “Cinq euros la barquette ! Trois pour dix !” —, les odeurs de poisson, de pain chaud et de fleurs se mêlaient en un parfum de vie brute.
Les habitants du quartier slalomaient entre les étals, leurs sacs débordant de légumes et de bavardages.
À l’intérieur du tabac, Delphine venait tout juste de déverrouiller la porte vitrée. Avant même de disposer les journaux sur le présentoir, elle en ouvrit un pour elle. Var-Matin. L’encre encore fraîche noircissait un titre qu’elle lut deux fois. Son visage, d’ordinaire impassible, se crispa.
— Encore ! lâcha-t-elle d’une voix tendue.
Barbara, accaparée derrière le comptoir à servir des cafés à la chaîne, s’interrompit. Elle venait d’enchaîner dix expressos, quatre noisettes et un allongé, et s’approcha, le torchon sur l’épaule.
— Tu as vu un loup ? lança-t-elle, mi-ironique, mi-inquiète.
Delphine ne répondit pas tout de suite. Son regard restait fixé sur la page, son index suivant les lignes comme si elle cherchait à graver les mots dans sa mémoire.
— Non, murmura-t-elle enfin. C’est une femme. Une autre. Retrouvée morte ce matin, dans les mêmes conditions que celle d’hier. Ce n’est pas une coïncidence.
Barbara fronça les sourcils, essuyant machinalement une tasse propre.
— Deux meurtres en deux jours, ça arrive, Delphine. Il ne faut pas voir le mal partout.
Delphine laissa planer un silence avant de répondre, d’une voix plus grave, presque détachée :
— Je sais, mais écoute ça : les deux victimes sont d’anciennes infirmières, retraitées. Des femmes tranquilles, mariées, avec des vies parfaitement ordonnées. Pas le genre de personnes à croiser un tueur, ni à attirer le mal.
Barbara sentit un frisson lui parcourir le dos malgré le brouhaha du marché.
— Et c’est dans quel quartier ? demanda-t-elle.
— Pas le même, justement, répondit Delphine en feuilletant les pages. Mais le mode opératoire est identique. Et ce détail… regarde.
Elle désigna d’un geste une ligne dans l’article, où le journaliste évoquait « une mise en scène macabre, méthodiquement orchestrée, semblable à celle de la veille : une sternotomie avait été pratiquée, et cette fois, la victime avait également subi un viol »
— Tu crois que c’est le même tueur ? chuchota Barbara.
Delphine referma le journal avec calme.
— J’en suis évidemment certaine. Et je sais qu’on n’a pas encore tout vu.
Barbara la fixa un instant, puis retourna servir les clients, tandis qu’au dehors, le marché continuait de battre son plein, ignorant la menace sourde qui venait de se glisser entre les pages froissées d’un quotidien.
Delphine, elle, resta immobile, le regard perdu au-delà des volets entrouverts, comme si, déjà, elle traçait mentalement le fil invisible qui reliait deux vies ordinaires à un monstre encore tapi dans l’ombre de Toulon.
La matinée avançait, chaude et bruyante, sur le Cours Lafayette. Le soleil commençait à taper sur les auvents, et les voix des vendeurs se faisaient plus pressantes, plus rauques. Dans le tabac, l’air sentait le café, le tabac blond et la menthe du thé brûlant qu’un client faisait tourner entre ses doigts.
Barbara observait l’homme distraitement. Il avait posé son cabas de marché contre la chaise, un vieux sac en toile râpée d’où dépassaient quelques légumes et un journal froissé. Il buvait lentement, le regard perdu dans le vide, comme s’il essayait de suivre une pensée trop lourde pour le matin.
Puis soudain, sans un mot, son teint se vida de toute couleur.
Barbara eut un sursaut.
— Monsieur ? Ça va ?
L’homme ne répondit pas, figé, la tasse tremblante entre ses doigts.
— Monsieur, vous voulez un verre d’eau ? demanda Barbara, déjà prête à contourner le comptoir.
Il leva la main, comme pour dire non, mais le geste resta suspendu. En voulant attraper son cabas, ses genoux se dérobèrent. Il s’écroula lentement, à demi conscient, sous le regard stupéfait de quelques clients.
— Monsieur Louis ! appela Barbara d’une voix ferme.
Delphine, qui rangeait encore des paquets de journaux, releva la tête instantanément. Elle posa le Var-Matin, fit signe à M. Louis de prendre sa place au comptoir, et traversa la salle d’un pas vif.
— Laisse-moi voir, dit-elle à Barbara.
Elles l’aidèrent à se rasseoir sur la chaise. L’homme respirait vite, le front humide. Il semblait perdu, comme s’il ne comprenait pas ce qui venait de se passer. Barbara posa une main légère sur son épaule.
— Vous voulez qu’on appelle quelqu’un ? Un médecin ?
— Non… ça va aller, murmura-t-il, d’une voix pâteuse. Juste… un peu de fatigue.
Delphine, elle, l’observait. Il y avait quelque chose de particulier dans sa posture, dans la manière dont il serrait ses mains, dont il reprenait son souffle.
Elle attendit qu’il finisse son thé, qu’il retrouve un semblant de calme, avant de poser la question d’une voix douce, presque anodine :
— Vous êtes infirmier, n’est-ce pas ?
L’homme releva lentement la tête, surpris. Ses yeux vitreux retrouvèrent un instant de lucidité.
— Oui… comment… comment vous savez ça ?
Delphine eut un petit sourire, celui qu’elle réservait aux vérités qu’elle aimait déterrer sans effort apparent.
Barbara la regarda avec un mélange d’étonnement et d’amusement.
L’homme, lui, paraissait encore plus troublé.
— Venez, proposa Delphine, d’une voix plus posée. Vous devriez vous reposer un peu, au calme. L’étage est tranquille.
Il hésita, chercha ses mots, puis acquiesça.
— Oui… oui, peut-être que… ce serait mieux, juste un moment.
Delphine lui tendit la main. Il s’y appuya lourdement, comme un homme qui n’a pas dormi depuis des jours. Ensemble, ils montèrent lentement l’escalier étroit, laissant derrière eux le brouhaha du marché, les voix et les tasses qui s’entrechoquaient.
Barbara les suivit du regard jusqu’à ce qu’ils disparaissent au tournant.
Un silence étrange s’installa quelques secondes avant que M. Louis, sans lever la tête de la caisse, marmonne :
— Décidément, c’est toujours à moi de remplacer les employés.…
Delphine, qui l’avait entendu, lui lança d’un ton enjoué :
— On trouvera un arrangement, monsieur Louis, comme d’habitude !
Votre feuilleton, offert par Titan-Informatique, Assistance aux particuliers et entreprises
Chapitre 1 – L’Attente
Chapitre 2 – Le Retour à la Basse Ville
Chapitre 3 – Ce que dissimule le sol
Chapitre 4 – L’ombre ne meurt jamais
Chapitre 5 – Le feu de La Garde
Chapitre 6 – Trois types biens
Chapitre 7 – Déconstructions
Chapitre 8 — L’envers du décor
Chapitre 9 — Les eaux troubles de Saint-Mandrier
Chapitre 00 – La boutique et la rencontre
Chapitre 10 – Je m’occupe de tout
Chapitre 11 — Derrière le Sourire de Delphine
Chapitre 12 — L’épouse de M. Louis
Chapitre 13 — La chute de Mathieu
Chapitre 14 — Partie remise
Chapitre 15 — Le tambour
Chapitre 16 — Les ombres du matin
Chapitre 17 — De Font-Pré à Saint-Musse
Chapitre 18 — Les rubalises jaunes
Chapitre 19 — La rivière des Amoureux
Chapitre 20 — Échapper à la boue
Chapitre 21 — Les empreintes
Chapitre 22 — Elle rôde dans La Rode
Chapitre 23 — Aux genoux des égouts
Chapitre 24 — Macabre covoiturage
Chapitre 25 — Un bus c’est dur !
Chapitre 26 — Urgence à Saint-Musse
Chapitre 27 — Fuite hors sol
Chapitre 28 — Barbara balade
Chapitre 29 — Un caoua avec Barbara
Chapitre 30 — Barbaravatar
Chapitre 31 — Barbara spécial
Chapitre 32 — Probablement
Chapitre 33 — Les c***, ça ose tout !
Chapitre 34 — L’écoquartier
Chapitre 35 — La clochette
Chapitre 36 — Le téléphone
Chapitre 37 — A quatre dans le 4×4
Chapitre 38 — Et la honte disparu
Chapitre 39 — Les monstres
Chapitre 40 — La chasse est ouverte
Chapitre 41 — A fond à Font-Pré
Chapitre 42 — Deux-rooues
Chapitre 43 — Déclarer sa flamme
Chapitre 44 — Relâcher la tension
